Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Lonzo Ball aborde un tournant délicat de sa carrière NBA, marqué par les blessures et une perte d’impact visible sur le terrain. Son arrivée à Cleveland devait symboliser un nouveau départ, dans un contexte moins exposé et plus compétitif collectivement. Pourtant, les attentes se heurtent aujourd’hui à une réalité bien plus brutale, au point de relancer les débats sur sa capacité à peser durablement au plus haut niveau.
Après quatre saisons très compliquées à Chicago, Ball espérait retrouver de la stabilité et de la confiance dans une équipe ambitieuse. Le projet était clair : apporter de la création, du rythme et de la défense dans un backcourt déjà bien fourni offensivement. Sur le papier, le rôle semblait taillé pour lui, sans la pression d’être une option numéro un. Mais sur le terrain, la transition ne s’est pas déroulée comme prévu.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et illustrent la difficulté de son intégration. Avec moins de cinq points et un peu plus de quatre passes de moyenne, en à peine 21 minutes par match, Lonzo affiche les statistiques les plus faibles de sa carrière. Plus préoccupant encore, son influence globale sur le jeu paraît limitée, comme si son corps et son esprit n’étaient jamais totalement libérés après des années de galère physique.
Un constat sévère qui relance le débat sur son avenir
Jeff Teague a livré un jugement sans détour, déclarant : « Je vous l’avais dit, tout le monde s’emballait pour Lonzo Ball. J’aime Lonzo en tant que personne, c’est quelqu’un de drôle, une bonne famille. Mais il ne peut plus jouer, c’est fini. Franchement, avec ses 0 point, 2 rebonds, 2 passes, je pourrais faire ça moi-même aujourd’hui ».
Pour Teague, le problème ne se limite pas aux statistiques. L’ancien meneur estime que Ball joue constamment avec la peur de se blesser à nouveau, ce qui freine sa spontanéité et son agressivité. Ses déplacements prudents et son hésitation balle en main donnent l’impression d’un joueur plus préoccupé par la gestion de son corps que par l’impact immédiat sur le match. Une situation qui, selon lui, peut devenir contre-productive à long terme.
Dans l’environnement compétitif de Cleveland, où les minutes sont chères et la hiérarchie bien établie, cette prudence excessive se ressent encore davantage. Lonzo n’est plus attendu comme un sauveur, mais comme un élément capable de stabiliser le jeu quand les titulaires soufflent. Or, même dans ce rôle réduit, il peine à s’imposer et à justifier sa présence sur le parquet.
L’âge plaide pourtant encore en sa faveur. À seulement 28 ans, Ball n’est pas censé être au crépuscule de sa carrière. Mais après deux saisons complètes manquées et une reprise très progressive, le temps devient un facteur clé. Il lui faudra non seulement retrouver du rythme, mais surtout redéfinir clairement ce qu’il peut apporter : défense, lecture du jeu, leadership discret, autant d’aspects qui ne passent pas toujours par les points marqués.
