Par Rédaction | Sport
La baisse d’intérêt autour du All-Star Game NBA alimente les débats depuis plusieurs saisons. Entre intensité jugée insuffisante, manque d’enjeux et nostalgie des confrontations passées, beaucoup cherchent un responsable à cette évolution. Récemment, Kevin Garnett a pointé du doigt LeBron James, une prise de position qui n’a pas laissé Carmelo Anthony indifférent.
Ancien rival et compagnon de génération, Carmelo Anthony a tenu à remettre les choses en perspective. Selon lui, la sortie de Kevin Garnett s’inscrit dans une vision très précise de ce que représentait autrefois le All-Star Game. À cette époque, les fans attendaient des stars qu’elles s’affrontent frontalement, qu’elles prennent le jeu à leur compte dans les moments clés, presque comme un duel symbolique entre les meilleurs joueurs de la ligue.
Le point de rupture souvent évoqué reste le All-Star Game 2012. Ce soir-là, la rencontre avait tout d’un scénario parfait : un match serré, Kobe Bryant défiant LeBron James en fin de partie, et l’opportunité de créer un moment gravé dans l’histoire. James a pourtant refusé à deux reprises de jouer l’isolement face à Bryant, privilégiant le jeu collectif. Un choix qui, aux yeux de beaucoup, a marqué un tournant durable dans la perception de l’événement.
LeBron, coupable idéal d’un déclin collectif
Pour Carmelo Anthony, cette décision a transformé LeBron en cible permanente. « Quand il n’a pas accepté ce défi, les gens ont commencé à se dire : “Très bien, on va faire les choses à notre manière”. Et là, tout est devenu de sa faute. Le All-Star Game est en déclin ? C’est la faute de LeBron. Le concours de dunks n’est plus le même ? C’est la faute de LeBron. Le concours à trois points ? Encore lui. Il va être blâmé pour absolument tout », a expliqué Anthony, soulignant l’absurdité de cette logique.
Selon Melo, il existait à l’époque une sorte de scénario tacite autour du All-Star Game. Trois quarts-temps joués dans la décontraction, puis un dernier acte beaucoup plus sérieux, avec une intensité proche d’un match de saison régulière. LeBron, fidèle à son ADN de joueur, n’a jamais été adepte du un-contre-un forcé pour la gloire du moment. Ce choix, cohérent avec sa vision du basket, est pourtant devenu un symbole pour ceux qui regrettent l’ancien format.
Anthony insiste sur un point essentiel : LeBron n’a jamais cherché à saboter le spectacle. Il a simplement refusé d’endosser un rôle qui ne correspondait pas à sa manière de jouer. « Nous, en tant que fans, on croit aux moments iconiques. Mais ce n’est pas son jeu, ce n’est pas son style. On voudrait que ce soit son style, mais ce n’est tout simplement pas qui il est », a-t-il résumé, rappelant que chaque star exprime sa grandeur différemment.
Par ailleurs, Melo estime que réduire le déclin du All-Star Game à un seul joueur est intellectuellement malhonnête. L’évolution du basket moderne a profondément modifié la physionomie des rencontres. L’explosion du tir à trois points, accélérée par le succès de Golden State au milieu des années 2010, a changé les habitudes, le rythme et même la manière dont les joueurs abordent ce type d’événement festif.
