Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
LeBron James continue de défier le temps, même lorsque le calendrier NBA ne lui laisse aucun répit. À 41 ans, l’ailier des Lakers enchaîne encore les matches consécutifs malgré l’usure physique et mentale accumulée au fil de plus de vingt saisons au plus haut niveau. Derrière cette longévité hors norme se cache une approche bien particulière, mêlant gestion du corps et force mentale.
Les back-to-backs restent l’un des aspects les plus redoutés de la saison régulière. Enchaîner deux rencontres en moins de 24 heures, souvent avec des déplacements et des changements de fuseaux horaires, met les organismes à rude épreuve. Même avec les technologies modernes de récupération, rien ne remplace réellement le repos, et LeBron en est parfaitement conscient.
Lors d’un récent épisode du podcast Mind the Game, James a accepté de lever le voile sur la réalité vécue par les joueurs dans ces conditions. Il insiste sur le fait que l’impact ne se limite pas aux minutes passées sur le parquet, mais englobe tout ce qui entoure un match NBA : les vols, les arrivées tardives, les réveils précoces et l’adaptation permanente à un nouvel environnement.
Un corps marqué par le temps et les voyages
Selon lui, chaque détail compte. « Selon le calendrier, selon si tu voles d’un fuseau horaire à un autre, selon l’heure à laquelle tu arrives dans la ville suivante, tout cela influence la façon dont tu te sens le lendemain matin », explique-t-il. Avec les années, cette fatigue s’est accentuée, notamment en raison du volume de matches disputés et des milliers de kilomètres parcourus.
LeBron reconnaît que ces dernières saisons ont été particulièrement éprouvantes. « Sur les trois ou quatre dernières années, peu importe que je rentre à la maison ou que l’on change de ville, les back-to-backs te pèsent à cause des déplacements, de toutes les minutes que j’ai jouées et de toutes les villes que j’ai continué à visiter chaque année », confie-t-il. Cette accumulation finit par se ressentir, même chez un athlète aussi exceptionnel.
Un aspect souvent négligé par le grand public concerne le sommeil. James souligne que dormir chaque nuit dans un lit différent constitue un véritable défi pour le corps. « On ne parle pas assez du fait de dormir dans des lits différents tout le temps. C’est l’une des pires choses. Des oreillers différents, des matelas différents… tout cela est éprouvant pour ton corps », précise-t-il, mettant en lumière un facteur rarement évoqué.
Il avoue notamment que le trash talk peut jouer ce rôle de déclencheur. « Sur un back-to-back, tu espères parfois qu’un peu de trash talk commence tôt dans le match. Quelque chose pour te lancer. J’ai besoin de quelque chose pour me mettre en route. Peut-être un arbitre, peut-être un fan qui dit quelque chose de fou dans les gradins. Ça aussi, ça peut te faire réagir », ajoute James. Cette capacité à transformer la fatigue en carburant émotionnel fait partie intégrante de sa longévité.
