Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
L’arrivée de Cooper Flagg à Dallas devait ouvrir une nouvelle ère pleine de promesses. Le premier choix de la dernière draft rejoignait une équipe déjà ambitieuse, prête à viser haut. Mais en quelques mois, le paysage a totalement changé. Et pour Gilbert Arenas, la franchise texane vient de compromettre l’avenir de sa jeune pépite.
Lorsque les Mavericks ont sélectionné Flagg, beaucoup imaginaient un scénario idéal. Un rookie talentueux, encadré par des vétérans confirmés, capable de progresser au sein d’une équipe compétitive. Rarement un numéro un de draft n’avait eu la chance d’atterrir dans un contexte aussi favorable. Avec Anthony Davis en leader défensif et Kyrie Irving à ses côtés, Dallas semblait armé pour jouer un rôle important à l’Ouest tout en permettant à Flagg d’apprendre sans pression excessive.
Mais les blessures récurrentes de Davis ont rapidement compliqué les plans. Incapable de rester durablement sur le terrain, l’intérieur a fini par lasser une direction déjà impatiente. À quelques heures de la deadline, Dallas a pris une décision radicale en l’envoyant à Washington dans un échange massif. En retour, les Mavericks ont récupéré Khris Middleton, plusieurs jeunes joueurs et surtout un important lot de choix de draft. Un mouvement qui ressemble davantage à un virage vers la reconstruction qu’à une volonté de gagner immédiatement.
Un développement désormais menacé
Ce choix a provoqué la colère de Gilbert Arenas, persuadé que cette stratégie va freiner l’évolution de Cooper Flagg. Sur son podcast, l’ancien All-Star n’a pas mâché ses mots : « Pour Cooper Flagg ? Bienvenue en NBA. Tu ne feras pas partie de cette liste élite des joueurs draftés dans une équipe déjà prête à gagner un titre. Comme Magic Johnson ou Tim Duncan. Parce que tu es arrivé dans cette situation, mais cette organisation a été assez stupide pour tout démolir. » Pour Arenas, Dallas a brisé une opportunité rare de faire grandir son rookie dans un environnement compétitif.
Selon lui, ce changement de cap va placer Flagg dans un schéma bien trop familier pour les premiers choix de draft. Au lieu de jouer des matchs à enjeu, il risque de passer plusieurs saisons à accumuler les défaites. « Maintenant il va devoir faire exactement ce que font tous les numéros un : aller dans une équipe qui perd, encaisser des défaites et essayer de construire son héritage. Et dans trois ans, on dira qu’il ne gagne jamais rien. » Une trajectoire que beaucoup de jeunes talents ont déjà connue avant lui.
Pourtant, du point de vue des Mavericks, la décision pouvait sembler inévitable. Anthony Davis n’a jamais réussi à rester suffisamment en forme pour justifier son statut. Miser sur lui à long terme représentait un risque énorme. En choisissant de récupérer des picks et des joueurs plus jeunes, Dallas a préféré sécuriser son avenir plutôt que de s’entêter dans un projet fragile. Une logique compréhensible sur le papier, mais lourde de conséquences immédiates.
La situation actuelle des Mavericks, avec un bilan négatif et une place hors des playoffs, renforce ce sentiment de transition. Sans Davis et avec un effectif remanié, l’équipe semble désormais tournée vers les saisons à venir plutôt que vers une qualification cette année. Pour Cooper Flagg, cela signifie une responsabilité accrue et un contexte bien moins protecteur que prévu lors de sa draft.
