Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le passage d’Anthony Davis à Dallas restera comme l’un des épisodes les plus étranges de ces dernières années en NBA. Arrivé en grande pompe pour succéder à Luka Dončić comme nouveau visage du projet texan, l’intérieur n’a jamais réellement eu l’occasion de s’installer durablement. Entre blessures à répétition et manque de continuité collective, l’expérience a tourné court.
Lorsque la franchise a récupéré Davis, l’objectif était clair : bâtir une équipe capable de jouer le titre immédiatement. Le staff voyait en lui l’ancre défensive idéale aux côtés de Kyrie Irving et des jeunes talents en pleine progression. Sur le papier, l’association semblait logique. Dallas espérait retrouver l’équilibre qui lui avait parfois manqué ces dernières saisons, avec un intérieur dominant capable de protéger le cercle et de produire offensivement.
Mais très vite, la réalité a rattrapé les ambitions. Les pépins physiques se sont accumulés et ont empêché toute forme de continuité. Davis n’a disputé que 29 rencontres sous le maillot des Mavericks, dont seulement 20 cette saison. Impossible dans ces conditions de mettre en place une véritable alchimie. Chaque retour était suivi d’un nouvel arrêt, laissant l’équipe dans une instabilité permanente.
Une aventure écourtée avant même d’avoir commencé
Jason Kidd, interrogé après le départ du joueur vers Washington, a résumé la situation sans détour. « C’était malheureux, sa santé. Nous n’avons jamais pu voir tout le monde ensemble. Pas seulement AD, mais aussi Kyrie et Coop. Malheureusement, nous n’avons pas eu cette opportunité. Mais AD est un joueur incroyable et un être humain formidable. Nous lui souhaitons le meilleur à D.C. » Pour l’entraîneur texan, le problème n’a donc jamais été le talent du joueur, mais bien le contexte qui l’entourait.
Le plan initial des Mavericks reposait pourtant sur une idée précise : faire de Davis la pièce maîtresse d’un projet compétitif à court terme. Son expérience, son impact défensif et son leadership devaient permettre à Dallas de franchir un cap. Au lieu de cela, la franchise s’est retrouvée à bricoler des rotations et à composer sans l’un de ses éléments clés durant de longues périodes. Une situation intenable pour une équipe aux ambitions élevées.
Face à cette impasse, la direction a fini par trancher. À quelques heures de la date limite des transferts, Dallas a expédié l’ancien Laker à Washington dans un échange massif. En retour, les Mavericks ont récupéré Khris Middleton, AJ Johnson ainsi que plusieurs choix de draft. Un virage stratégique clair : plutôt que de s’accrocher à un pari risqué, la franchise a préféré miser sur la flexibilité et l’avenir.
Derrière cette décision se cache aussi une nouvelle orientation sportive. Le projet autour d’Anthony Davis devait permettre de rester compétitif immédiatement, mais les résultats n’ont jamais suivi. Avec ce transfert, Dallas libère de l’espace financier et se donne les moyens de reconstruire plus sereinement. L’arrivée de jeunes joueurs et de choix de draft ouvre une nouvelle fenêtre de développement pour les saisons à venir.
