Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La notion de loyauté continue d’alimenter les débats autour des stars NBA. James Harden en est l’un des principaux symboles depuis plusieurs années. Ses nombreux changements d’équipe ont souvent été interprétés comme un manque d’engagement. Chandler Parsons estime pourtant que la critique vise la mauvaise cible.
Depuis son départ de Houston, Harden a rejoint plusieurs effectifs ambitieux, chaque fois aux côtés d’autres stars établies. Pour beaucoup d’observateurs, cela traduit une stratégie visant à se placer dans les meilleures situations possibles pour gagner. Le joueur répond au contraire qu’il s’agit d’une adaptation constante aux réalités de la ligue moderne, où les organisations n’hésitent pas elles-mêmes à remodeler leur effectif sans prévenir.
Le débat repose donc sur une différence de perception entre joueurs et franchises. Les équipes peuvent échanger un joueur du jour au lendemain pour des raisons financières ou sportives sans être accusées de trahison. Mais lorsqu’un joueur demande un transfert, la réaction publique devient beaucoup plus sévère. Parsons considère cette asymétrie comme injuste et soutient la position de son ancien coéquipier.
Une loyauté à sens unique selon Parsons
Il explique que la réaction médiatique transforme immédiatement le joueur en responsable principal. « Quand un joueur veut être transféré, il devient le pire type, l’ennemi numéro un, celui qui n’a aucun respect pour la ville et l’organisation », affirme-t-il. Pour lui, cette perception ignore la réalité professionnelle du métier.
Parsons rappelle aussi que la carrière d’un basketteur est courte et que chaque décision influence durablement son avenir. « Nous avons une petite fenêtre pour maximiser notre carrière et gagner le plus d’argent possible, mais les équipes ne subissent pas les mêmes critiques », ajoute-t-il, soulignant que les franchises peuvent envoyer un joueur dans une situation moins favorable sans provoquer le même tollé.
Cette vision s’inscrit dans l’évolution récente de la ligue, où les joueurs cherchent davantage à contrôler leur trajectoire. Certains exemples historiques de fidélité absolue existent encore, mais ils sont devenus l’exception plutôt que la norme. Les carrières modernes se construisent souvent à travers plusieurs contextes compétitifs.
Harden lui-même a régulièrement ajusté son rôle selon l’effectif : scoreur principal, organisateur ou facilitateur offensif. Cette capacité d’adaptation montre qu’il ne fuit pas forcément les responsabilités, mais qu’il cherche plutôt l’environnement le plus propice pour viser le titre.
