Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure incontournable du cinéma français, Mathilde Seigner a su s’imposer aussi bien dans le cinéma d’auteur que dans les grands succès populaires. Révélée à la fin des années 1990, elle a multiplié les rôles marquants, tout en cultivant une image franche et directe. Pourtant, un personnage continue de lui coller à la peau : celui de Sophie Gatineau dans Camping. Un rôle culte… et parfois encombrant.
Figure très connue du grand écran, Mathilde Seigner s’est illustrée dans des films aussi différents que Vénus Beauté, Harry, un ami qui vous veut du bien, Belle Maman ou encore Une hirondelle a fait le printemps. Plus récemment, elle était à l’affiche de Bungalow 21, où elle incarnait Simone Signoret aux côtés de sa sœur Emmanuelle Seigner, avant de retrouver la télévision avec le téléfilm Au cœur de nos terres sur France 2. Mais malgré cette diversité, c’est bien son rôle dans Camping qui marque durablement le public.
Sorti en 2006, Camping attire près de six millions de spectateurs et marque un grand succès pour Mathilde Seigner. À l’époque pourtant, le film divise dans certains milieux du cinéma français, jugé trop populaire, voire caricatural. Interrogée par Ariane Massenet pour Mesdames, l’actrice analyse sans détour ce tournant dans sa carrière :
« C’est Camping qui me met plus dans un cinéma vraiment populaire, qui à l’époque était controversé et qui aujourd’hui est culte »
Le succès est indéniable, mais il s’accompagne de retombées inattendues, notamment autour d’une scène devenue emblématique où son personnage apparaît en string dans un restaurant du camping. Une séquence qui a fait couler beaucoup d’encre et qui, selon elle, a pu freiner certaines collaborations :
« Ça a posé des problèmes aux réalisateurs et à mon agent à l’époque, à qui on disait ‘elle n’aurait pas dû faire ce genre de films. Parce que c’est un film quand même où j’ai une scène culte où je montre mes fesses et c’était vulgaire pour certains metteurs en scène. Tant pis ! »
Avec le recul, Mathilde Seigner affirme assumer pleinement ce choix. Le film est devenu culte, régulièrement rediffusé, et les répliques continuent de la suivre dans la rue ou au supermarché. Mais derrière l’adhésion du public, il y a aussi eu des répercussions plus personnelles. Toujours auprès de Mesdames, elle confiait :
« C’est effrayant, moi j’avais mon fils qui avait honte. C’est encore le cas ! »
Entre reconnaissance populaire et réserves d’une partie du milieu, Mathilde Seigner a choisi de ne rien renier. Cette scène, critiquée par certains et adorée par d’autres, fait désormais partie de son parcours. Et si elle a pu embarrasser son entourage, elle a aussi contribué à ancrer définitivement son nom dans le paysage du cinéma français.
