Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Pendant des décennies, la troupe du Splendid a incarné l’image d’une bande inséparable, soudée par l’humour et les succès populaires. Mais derrière les comédies devenues cultes, certaines relations se sont fissurées avec le temps. Dominique Lavanant, longtemps associée à l’aventure, a fini par raconter l’envers du décor. Et ses confidences laissent transparaître une profonde amertume.
Bande incontournable du cinéma français, le Le Splendid s’est imposé dès la fin des années 1970 comme un phénomène culturel majeur. Autour de Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel et Michel Blanc, la troupe a enchaîné les succès, notamment avec Les Bronzés et Les Bronzés font du ski. Au milieu de cette dynamique collective, Dominique Lavanant a pourtant toujours eu le sentiment d’occuper une place périphérique.
Sa participation aux deux premiers volets des Bronzés n’a pas suffi à effacer un malaise persistant. Lorsque la troupe se reforme des années plus tard pour Les Bronzés 3 : Amis pour la vie, l’actrice vit le tournage comme une épreuve. Dans un entretien accordé à France-Soir, elle confiait sans détour :
« C’est mon pire souvenir de tournage, c’était tellement horrible que j’en ai pleuré. Aux yeux des anciens du Splendid, je n’étais rien. Juste une débutante face à d’anciens amis. En fait, je n’ai jamais fait partie de l’équipe du Splendid. (…) J’ai eu un joli rôle dans les premiers Bronzés, puis un moins bon dans Les Bronzés font du ski. Et le dernier… voilà ».
Au-delà de la déception professionnelle, c’est surtout sa relation avec Josiane Balasko qui semble l’avoir blessée. Les deux comédiennes ont longtemps été très proches, partageant une véritable complicité. Mais avec les années, le lien s’est distendu, laissant place à l’incompréhension. Dominique Lavanant déclarait dans le même entretien :
« Elle a été mon amie, on était cul et chemise, et on connaissait nos familles respectives… Par moments, elle me manque, c’est vrai. Quelque chose transforme les gens. Peut-être l’argent. »
Un constat amer, qui dépasse le simple cadre artistique. Sur RTL, le réalisateur Patrice Leconte a d’ailleurs confirmé que les relations avec Dominique Lavanant avaient parfois été complexes, reconnaissant une erreur lors d’un tournage :
« C’est la même chose avec Dominique Lavanant, c’était amour/amitié. C’est des rapports forts et forcément un peu chaotiques… Elle a toujours eu le sentiment confus que le Splendid ne l’aimait pas beaucoup. Elle se sentait sur la touche et ne le vivait pas très bien. Par une absurde erreur, nous l’avions logée dans un hôtel où elle était toute seule. Le soir, elle déprimait et buvait du vin blanc en disant qu’elle voulait rentrer à Paris. »
Si, aux yeux du public, le Splendid demeure une famille artistique indissociable, Dominique Lavanant garde le souvenir d’une aventure vécue en marge. Des blessures anciennes, ravivées par le temps, qui expliquent la franchise de ses propos. Derrière les éclats de rire et les succès populaires, certaines cicatrices, elles, ne se referment jamais tout à fait.
