Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
L’animatrice Faustine Bollaert s’est imposée au fil des années comme une figure incontournable du paysage audiovisuel français, incarnant à l’écran une image de douceur et d’écoute. Pourtant, derrière cette façade rassurante, son parcours a aussi été jalonné d’expériences plus sombres. Certaines d’entre elles, longtemps tues, ressurgissent aujourd’hui avec une force particulière. Et l’un de ces souvenirs, impliquant une personnalité majeure, continue de la hanter.
Figure bien connue de la télévision française, Faustine Bollaert a évolué pendant des années dans un milieu où les rapports de pouvoir et les comportements déplacés ont longtemps été tolérés, voire banalisés. Bien avant que certaines affaires ne viennent bouleverser l’opinion publique, l’animatrice avait déjà été confrontée à des situations qu’elle juge aujourd’hui inacceptables. Invitée sur le plateau de Quelle Époque ! au début de l’année 2024, elle a choisi de revenir sans détour sur ces expériences, levant le voile sur une réalité encore trop souvent minimisée.
Au fil de son témoignage, celle qui incarne aujourd’hui une parole apaisante auprès des anonymes comme des célébrités a décrit un climat pesant, fait de remarques déplacées et d’attitudes ambiguës. Elle évoque un quotidien marqué par des comportements répétés qui, à l’époque, semblaient presque normaux dans le milieu. Faustine Bollaert confie alors :
« J’ai vécu du sexisme ordinaire, quotidien, des remarques sur les décolletés, des mains déplacées, des propositions de promotion-canapé… »
Mais au-delà de ces épisodes, l’animatrice a également relaté un moment bien plus troublant, survenu en coulisses, et impliquant Dominique Strauss-Kahn. À l’époque figure centrale de la vie politique et médiatique, ce dernier aurait eu une attitude particulièrement insistante à son égard dans les loges du Studio Gabriel. Elle poursuit son récit en évoquant une scène précise, restée gravée dans sa mémoire :
« À un moment où Dominique Strauss-Kahn s’est montré très incisif avec moi et m’a fait peur, Michel Drucker est arrivé dans la loge, est intervenu, et heureusement qu’il est intervenu parce que je commençais vraiment à avoir peur. »
Dans ce moment de tension, l’intervention de Michel Drucker a marqué un tournant. Présent au bon moment, l’animateur a immédiatement perçu le malaise et a su agir pour désamorcer la situation. Faustine Bollaert détaille alors la perception très nette qu’elle a eue de la gravité de l’instant :
« On sent la différence entre l’insistant lourd et l’insistant prédateur. Michel a ouvert la porte, il a vu dans mes yeux que j’avais besoin d’être sortie de là. Il m’a invitée à le suivre, et j’ai été très soulagée. »
Si l’incident n’a pas eu de suite immédiate, il a laissé une empreinte durable. En le racontant aujourd’hui, l’animatrice ne cherche pas à raviver une polémique, mais plutôt à éclairer des mécanismes longtemps restés dans l’ombre. À travers cette prise de parole, elle met en lumière des réalités vécues par de nombreuses femmes dans des environnements professionnels où certaines limites n’étaient pas toujours respectées.
Avec le recul, Faustine Bollaert s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole. Son témoignage rappelle que derrière les trajectoires médiatiques les plus lisses peuvent se cacher des épisodes bien plus éprouvants, et que leur récit contribue, peu à peu, à faire évoluer les mentalités.
