Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Stephen Curry voit une nouvelle saison s’arrêter brutalement après l’élimination des Warriors en Play-In face aux Suns. À 38 ans, le meneur commence aussi à regarder plus loin, en évoquant sans détour la fin progressive de sa génération.
Depuis plus de quinze ans, Stephen Curry incarne une ère entière en NBA, marquée par la révolution du tir à trois points et des affrontements mémorables. Mais malgré son niveau toujours élevé, cette saison s’achève sans playoffs, une nouvelle désillusion pour Golden State, désormais confronté à la réalité d’un cycle qui touche progressivement à sa fin.
Au fil des années, Curry a partagé cette scène avec des figures comme LeBron James ou Kevin Durant. Ensemble, ils ont dominé la ligue et façonné son évolution. Aujourd’hui, alors qu’une nouvelle génération s’impose, cette “vieille garde” commence à accepter une évidence : leur règne, aussi marquant soit-il, ne durera pas éternellement.
Une génération qui arrive au bout
Curry évoque ce lien particulier construit avec ses rivaux de toujours. « Que tu aies joué avec eux ou contre eux, tu sais ce que ça demande de rester à ce niveau aussi longtemps. Il y a une forme de fraternité, de respect, d’appréciation. La rivalité s’est transformée en quelque chose d’assez incroyable », explique-t-il, en revenant sur ces années au sommet.
Mais derrière cette reconnaissance se cache une prise de conscience plus profonde. « On le sait tous, quelque part dans un coin de notre tête. Je le dis depuis longtemps. C’est OK d’accepter que ça va se terminer à un moment », confie Curry. Une lucidité rare, alors que lui et ses contemporains continuent malgré tout à performer.
Il insiste aussi sur cette volonté commune de prolonger l’aventure. « On essaie tous de faire durer ça le plus longtemps possible », ajoute-t-il. Une manière de repousser l’échéance, même si la transition est déjà en marche, avec des joueurs plus jeunes qui prennent progressivement le devant de la scène.
Pour illustrer ce moment particulier, Curry utilise une image surprenante. « C’est une référence un peu mauvaise, mais dans Coming to America 2, il y a des funérailles organisées de son vivant. C’est une façon de célébrer le roi avant qu’il parte », explique-t-il. Une métaphore imparfaite, mais qui traduit une idée simple : profiter du présent et se rendre hommage tant qu’il est encore temps.
