Dany Boon traumatisé à vie par les mots de sa mère envers lui étant jeune : « Elle me disait…

Dany Boon
RFI (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Derrière la réussite éclatante de Dany Boon, se cache une blessure bien plus ancienne. Si l’artiste est aujourd’hui l’un des visages les plus populaires du cinéma français, son parcours s’est construit avec, en toile de fond, une phrase entendue dès l’enfance et restée gravée en lui pendant des années...

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Originaire d’Armentières, le comédien n’a pas toujours affiché l’assurance qu’on lui connaît. Avant les succès et les salles pleines, il y avait un enfant complexé, notamment par ses oreilles décollées. Un détail physique devenu une véritable obsession, en grande partie à cause des remarques répétées de sa mère, Danièle Ducatel. Invité de Mireille Dumas, il revenait sur ces souvenirs difficiles, évoquant notamment un geste marquant :

« Elle m’a mis un élastique quand j’étais gosse, quand j’étais bébé. Elle me le disait tout le temps. Elle m’a créé le complexe de mes oreilles décollées. »

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Mais au-delà de ce complexe, ce sont surtout certaines paroles qui l’ont profondément marqué. Une phrase en particulier, répétée à plusieurs reprises, a laissé une empreinte durable :

« Elle me disait : « Tu es beau mais c’est dommage. Si on avait de l’argent, on te ferait opérer. Tu es tellement beau… sauf ça. J’ai tout réussi, sauf ça ». Elle m’a mis ça dans la tête. »

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Des mots durs, qui auraient pu briser une confiance naissante. Pourtant, malgré cette franchise parfois blessante, l’acteur n’a jamais cessé d’aimer sa mère. Il faut dire que derrière ces propos se cache une femme au parcours extrêmement difficile.

Très jeune, Danièle Ducatel est tombée enceinte d’un homme kabyle plus âgé, une situation qui lui a valu un rejet brutal de la part de sa famille. Sur TF1, Dany Boon racontait un souvenir marquant de cette exclusion :

« On est allé au mariage de mon oncle et elle n’avait pas le droit de traverser la rue. Ils sortaient de l’hôtel de ville et on était sur le parking en face. On était habillé endimanchés, et ma mère pleurait. »

Face à cette souffrance, l’enfant qu’il était a très tôt trouvé un moyen de réagir : faire rire. Une mission presque instinctive, devenue avec le temps une véritable vocation :

« En voyant ma mère souffrir, je me suis dit : « Il faut que je la fasse rire pour qu’elle aille mieux ». Le rire a été réparation pour tout, et à chaque fois. »

Avec le recul, ces blessures n’ont pas disparu, mais elles ont été transformées. Dany Boon en a fait une force, un moteur qui l’a poussé à avancer et à créer. Preuve que même les mots les plus douloureux peuvent, parfois, devenir le point de départ d’un destin hors norme.

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