Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Icône incontournable de la chanson française, Julien Clerc a traversé les décennies avec élégance, enchaînant les succès tout en préservant une image relativement discrète. Pourtant, derrière cette apparente sérénité, certaines pages de sa vie personnelle se révèlent bien plus tumultueuses. À 78 ans, l’artiste a accepté de revenir sur un épisode marquant, mêlant amour, tensions et violence.
Figure majeure de la variété française, Julien Clerc a vu sa trajectoire intimement liée à celle de Miou-Miou dans les années 1970, une période où la comédienne entretenait encore des liens avec Patrick Dewaere. Ce triangle amoureux, nourri par des personnalités fortes et des émotions à vif, a rapidement fait monter la pression. Connu pour son tempérament intense et sa grande fragilité, Patrick Dewaere vivait difficilement cette situation, ce qui a conduit à une confrontation directe entre les deux hommes.
Le climat s’est progressivement tendu jusqu’à un affrontement physique longtemps resté dans l’ombre. Interrogé sur Europe 1, en marge d’une discussion autour de sa carrière, Julien Clerc a évoqué sans détour cet épisode marquant de sa vie. Il racontait ainsi :
« Il est venu m’attendre à la fin du tournage, j’ai pris un coup de poing. J’avais esquivé, je l’ai pris en bout de course, mais j’ai eu mal pendant huit jours. Je n’ai pas rétorqué parce qu’il avait l’air tellement malheureux… Il avait tellement de peine »
Malgré la violence de la scène, le chanteur n’a jamais cherché à alimenter de polémique autour de cet événement. Bien au contraire, il a toujours exprimé une certaine compréhension face à la détresse de Patrick Dewaere, dont la vie personnelle fut marquée par de profondes blessures.
Avec le temps, les tensions se sont apaisées sans pour autant disparaître totalement. Les deux hommes ont fini par reprendre contact, bien des années plus tard, dans un contexte familial lié à l’enfant que l’actrice avait eu avec le comédien. Julien Clerc confiait alors, toujours sur la même antenne :
« Après, on ne s’est pas reparlé pendant très longtemps, et puis un peu plus tard, pour un problème à régler avec la fille qu’il avait avec Miou-Miou, que j’ai élevée (…) Il a fallu que je l’appelle. Miou-Miou m’a dit ‘Je ne l’appelle pas !’ Donc c’est moi qui me suis retrouvé à l’appeler. On s’était plus jamais parlé ni revus depuis. C’était d’ailleurs, je ne peux pas dire doux, mais très cordial »
Des décennies après la disparition tragique de Patrick Dewaere, ce témoignage apporte un éclairage particulier sur une époque où passions amoureuses et égos artistiques pouvaient conduire à des affrontements brutaux. À travers ses mots mesurés, Julien Clerc livre le récit d’un épisode douloureux, sans rancune apparente.
Reste l’image d’une histoire profondément humaine, où derrière les figures publiques se dessinent des trajectoires marquées par la complexité des sentiments et des relations.
