L’anecdote olé-olé sur Pierre Richard et Gérard Depardieu : « Pierre était en pleins ébats, et Gérard…

Pierre Richard et Gérard Depardieu
France TV (DR) / TF1 (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Derrière l’image culte que renvoie le tandem formé par Pierre Richard et Gérard Depardieu, les coulisses de leurs films étaient loin d’être de tout repos. Entre improvisations permanentes et situations inattendues, les tournages prenaient parfois une tournure totalement imprévisible. Une réalité que le réalisateur Francis Veber a choisi de raconter sans détour. Et certains souvenirs valent clairement le détour.

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Figure majeure de la comédie française, Francis Veber a marqué plusieurs générations avec des œuvres devenues cultes comme La Chèvre, Les Compères ou Les Fugitifs. À l’écran, la rencontre entre Pierre Richard, silhouette lunaire au comique instinctif, et Gérard Depardieu, acteur puissant à la présence imposante, produisait une alchimie rare. Mais en dehors des caméras, cette opposition de styles se transformait souvent en situations incontrôlables, nourries par une ambiance oscillant entre camaraderie débordante et chaos assumé.

Dans son livre « Que ça reste entre nous », le cinéaste revient notamment sur le tournage de La Chèvre, premier long-métrage réunissant les deux hommes. Et dès le matin, le climat pouvait dérouter. Pierre Richard, alors très épris, avait fait venir sa compagne sur place, ce qui perturbait quelque peu l’organisation et la concentration de l’équipe. Francis Veber décrit ainsi ces débuts de journée singuliers :

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« Pierre avait amené une femme qu’il fréquentait sur le tournage. C’était compliqué, parce que Pierre était un peu plus âgé qu’elle et le matin, ils bêtifiaient tous les deux au petit déjeuner. Et ça donnait : “Est-ce qu’elle veut de la tuture sur sa biscocotte ? Oui, elle veut de la tuture sur sa biscocotte”. Et bon évidemment, on arrivait assez crispés, Depardieu et moi. »

Mais le plus marquant se déroulait à l’abri des regards, dans les loges. Entre deux prises, l’interprète du Grand Blond ne se contentait visiblement pas de répéter son texte. Une scène restée célèbre dans les souvenirs du réalisateur illustre parfaitement le décalage constant entre sérieux professionnel et situations absurdes. Toujours dans le même ouvrage, Francis Veber raconte un brin dépité :

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« Il était avec “Amour”, comme il l’appelait, dans la loge de maquillage, et il y avait un rideau. Et on maquillait Gérard Depardieu, mais lui se livrait à des ébats à l’arrière, ce qui fait que Depardieu recevait le pinceau de maquillage dans l’œil. Et il criait : “Vous avez fini bande de salauds ?” »

Ce type d’épisode résume à lui seul l’atmosphère qui régnait sur ces tournages, où les limites entre rigueur et plaisanteries potaches semblaient particulièrement floues. Les débordements faisaient presque partie du quotidien, comme en témoigne un autre souvenir évoqué par le réalisateur lors du tournage des Fugitifs, où, tandis que Depardieu était allongé sur une table de consultation, Pierre Richard et Jean Carmet s’amusaient… à lui péter dessus.

Avec le recul, Francis Veber conserve une vision à la fois amusée et lucide de cette période. Entre improvisations incessantes, excès en tout genre et moments totalement improbables, ces tournages ont contribué à forger une complicité unique entre les acteurs et à donner naissance à des films devenus incontournables. Reste l’image d’une époque où la folie créative se mêlait à une liberté totale, parfois difficile à canaliser, mais qui a largement participé à la magie de ce duo mythique du cinéma français.

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