Sans pitié, le sobriquet tordu donné par Serge Gainsbourg à Catherine Deneuve : « Il m’appelait…

Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve
INA (DR) / France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Icône absolue du cinéma français, Catherine Deneuve a croisé la route des plus grandes figures artistiques de son époque. Parmi elles, Serge Gainsbourg occupe une place singulière, entre fascination et heurts. Derrière leur collaboration et leur complicité apparente, certains souvenirs témoignent d’une relation bien plus contrastée. Des confidences rares qui lèvent le voile sur des échanges parfois rugueux.

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Figure majeure du septième art, Catherine Deneuve a longtemps entretenu des liens étroits avec Serge Gainsbourg, l’interprète de La Javanaise. Tous deux incarnaient une certaine idée de la culture française, entre élégance et provocation assumée. Mais le tempérament imprévisible de l’homme à la tête de chou a parfois créé des tensions. Au fil du temps, leurs relations se sont espacées, laissant place à des épisodes plus amers, dont l’un a particulièrement marqué l’actrice. Elle revenait ainsi sur cette période lors d’un entretien accordé à Libération :

« Dans les années qui ont suivi, nous nous sommes peu à peu vus moins souvent. Je me souviens qu’il avait eu une parole assez malheureuse à mon égard. Il m’avait rebaptisée ‘Catherine d’occase’… J’étais assez en colère et lui avais fait parvenir un télégramme cinglant. Il avait surenchéri dans la muflerie en disant que c’était trop bien écrit pour que j’en sois l’autrice »

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Une remarque blessante, à l’image de l’ironie mordante que Serge Gainsbourg maniait régulièrement. Pourtant, cet épisode n’a pas suffi à briser définitivement le lien entre les deux artistes. Malgré les accrochages, une forme d’attachement persistait, nourrie par les années de collaboration et de moments partagés, notamment autour de leur duo devenu culte.

Avec le temps, les tensions ont fini par s’apaiser, permettant aux deux figures de se retrouver en bons termes avant la disparition du chanteur. Catherine Deneuve évoquait d’ailleurs avec émotion la manière dont elle avait appris la mort de celui que l’on surnommait aussi Gainsbarre :

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« Nous nous sommes vite réconciliés et étions à nouveau en bons termes à sa disparition. J’ai appris sa mort à l’aéroport en rentrant d’un voyage aux États-Unis. Je ne suis même pas passée chez moi et ai pris un taxi jusqu’à son domicile pour pouvoir le voir une dernière fois. Sa mort m’a vraiment plongée dans un profond chagrin.

Au-delà de l’admiration artistique très grande que j’avais pour lui, au-delà de l’agacement qu’il a pu provoquer en moi parfois, j’avais pour lui beaucoup d’affection et j’ai passé à ses côtés des moments extrêmement joyeux »

Entre provocations blessantes et affection sincère, leur relation reflète toute la complexité des liens artistiques forts. Une histoire faite d’excès, de mots parfois durs, mais aussi d’une admiration réciproque qui a traversé le temps.

Au-delà de cet épisode, Catherine Deneuve garde le souvenir d’un artiste hors norme, capable du meilleur comme du plus déroutant. Une relation à l’image de Serge Gainsbourg lui-même, insaisissable et profondément marquant.

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