Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Quarante ans après la disparition de Coluche, les circonstances de sa mort continuent de susciter interrogations et spéculations. L’accident de moto survenu en juin 1986 n’a jamais totalement éteint les doutes, certains évoquant encore des hypothèses alternatives malgré les conclusions officielles. Dans ce contexte, les proches de l’humoriste sont régulièrement amenés à revenir sur ce drame. Et leurs témoignages restent chargés d’émotion.
Figure emblématique de l’humour et de l’engagement social, Michel Colucci a profondément marqué la société française, autant par son œuvre que par ses combats, notamment avec les Restos du Cœur. Parmi ceux qui l’ont côtoyé de près, Maryse Gildas fait partie des témoins privilégiés de ses dernières semaines. Invitée à s’exprimer sur cette période, elle revient sur leur ultime rencontre, survenue peu de temps avant le drame.
Dans l’émission Chez Jordan sur C8, l’animatrice se remémore avec précision les moments partagés avec l’humoriste quelques semaines avant sa disparition. Elle décrit un Coluche encore pleinement actif, entre projets et déplacements, sans signe annonciateur de ce qui allait suivre :
« La dernière fois que j’ai vu Coluche c’était en vacances. Il était parti en avril et il avait loué une maison à Opio pour terminer son spectacle. Il devait aller à Cannes et on l’a vu à Opio dans sa maison parce qu’on était là-bas. On est parti une semaine en vacances à l’île Maurice, lui a été invité avec toute son équipe dans une radio à la Réunion. C’était à côté, il est arrivé avec toute l’équipe et on a passé 4 jours avec lui jusqu’au 19 avril… il est mort le 19 juin. C’était tellement choquant, tellement injuste. »
Très vite après le drame, les circonstances exactes de l’accident alimentent de nombreuses discussions. Vitesse, conditions de route, voire théories plus sombres : les interprétations se multiplient au fil des années. Mais Maryse Gildas, elle, refuse toute lecture alternative et tranche sans détour :
« Je n’y crois pas. D’après moi c’est ça (l’accident, ndlr), et c’est pas autre chose. »
Au-delà de ces débats, elle tient surtout à rappeler l’engagement et la sensibilité de l’artiste. Elle revient notamment sur la naissance des Restos du Cœur, initiative emblématique portée par Coluche, née d’échanges entendus à l’antenne :
« Cela faisait déjà une quinzaine de jours que l’on parlait beaucoup de l’Éthiopie où l’on mourait de faim. Il y avait une mobilisation, notamment des artistes, pour venir en aide à ce pays d’Afrique. Et Michel (Colucci, ndlr) prenait des appels à l’antenne où les auditeurs disaient en substance que c’était bien beau de se mobiliser pour l’Éthiopie, mais que faisait-on pour ceux qui n’avaient pas de quoi manger en France ? »
Avec le recul, Maryse Gildas conserve avant tout le souvenir d’un homme profondément humain, engagé et proche des gens. Si les rumeurs persistent autour de sa disparition, elle privilégie la version la plus simple et la plus douloureuse : celle d’un accident brutal. Et derrière les interrogations, demeure surtout l’absence d’un ami et d’une figure qui a marqué durablement l’histoire française.
