Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis plus de soixante ans, Jacques Dutronc fascine autant par ses chansons que par sa personnalité. Libre, élégant et volontiers provocateur, l’artiste a marqué plusieurs générations de Français. Mais son influence ne s’est pas limitée à la musique. Certains de ses contemporains gardent aussi le souvenir d’un homme qui savait transmettre son goût pour les plaisirs de la vie.
Figure incontournable de la chanson française, Jacques Dutronc a bâti sa légende dès les années 1960 grâce à des titres devenus cultes et à un style inimitable. L’ancien compagnon de Françoise Hardy s’est toujours distingué par son sens de la dérision, son indépendance et son amour des bons moments. Une personnalité qui a profondément marqué de nombreux artistes plus jeunes, séduits par son charisme et son mode de vie.
Parmi eux figure Alain Chamfort. Avant de devenir l’une des voix les plus raffinées de la pop française, l’interprète de Manureva a côtoyé Jacques Dutronc alors qu’il n’était encore qu’un adolescent découvrant les coulisses du métier. Une rencontre qui allait lui laisser des souvenirs impérissables.
Invité de Laurent Mariotte sur Europe 1, le chanteur est revenu sur cette période fondatrice de sa jeunesse. Il a notamment raconté comment Jacques Dutronc lui avait ouvert les portes d’un univers qu’il ne connaissait pas encore, celui de la grande gastronomie et des établissements prestigieux.
« C’est quand même lui qui m’a initié, j’avais 17 ans à l’époque quand on partait en tournée avec lui, j’étais tout jeune. On faisait les Relais & Châteaux, on le suivait, parce que lui il descendait dans ces hôtels-là et il nous entraînait avec lui. On avait toujours des bonnes tables, j’ai découvert la gastronomie très tôt dans ma vie. »
Une initiation qui a visiblement marqué durablement l’artiste. Réputé aujourd’hui pour son élégance et son goût des belles choses, Alain Chamfort reconnaît volontiers que cette découverte précoce de l’art de vivre français doit beaucoup à Jacques Dutronc.
Les tournées et les soirées faisaient alors partie intégrante du quotidien des chanteurs. Après cette période aux côtés de l’interprète d’Et moi, et moi, et moi, Alain Chamfort a également fréquenté un autre monument de la chanson française : Claude François.
« Puis après, plus tard, c’était avec Claude… Alors Claude François, c’était plus des restaurants de fin de concerts, il y avait « La cloche d’or » à Paris, notamment, qui était ouvert toute la nuit… »
Comme beaucoup d’artistes de sa génération, Alain Chamfort a connu les excès et les nuits interminables qui accompagnaient souvent le succès. Pourtant, avec le recul, il estime avoir traversé cette période sans en subir les conséquences les plus destructrices. Le chanteur résumait son parcours en une formule concise :
« Je suis marqué, mais pas abîmé. »
À travers ce témoignage, c’est un autre visage de Jacques Dutronc qui apparaît. Derrière le chanteur iconique se dessine celui d’un homme passionné par les plaisirs de la table et les moments de convivialité, capable de transmettre cet art de vivre à ceux qui l’entouraient.
Des décennies plus tard, Alain Chamfort conserve manifestement un souvenir ému de cette rencontre. Une preuve supplémentaire de l’influence qu’a exercée Jacques Dutronc sur plusieurs générations d’artistes, bien au-delà de son répertoire musical.
