Léa Salamé (46 ans) cash sur ce tabou dans sa vie perso : « Jamais je n’ai osé dire à mon père que… »

Léa Salamé
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Depuis plusieurs années, Léa Salamé s’est imposée comme l’une des journalistes les plus influentes du paysage audiovisuel français. Habituée à interroger les personnalités politiques et culturelles sans détour, elle se montre en revanche beaucoup plus discrète lorsqu’il s’agit de sa vie privée. Pourtant, la présentatrice a récemment accepté de revenir sur une période délicate de son adolescence, marquée par un profond questionnement autour de son identité.

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Figure incontournable du journalisme français, Léa Salamé a construit son parcours entre deux cultures. Née à Beyrouth en 1979 avant de rejoindre la France à l’âge de 10 ans, la compagne de Raphaël Glucksmann a longtemps dû composer avec un sentiment de décalage. Durant ses années de collège et de lycée, son prénom de naissance, Hala, est notamment devenu une source de gêne face aux remarques répétées de certains camarades.

Comme beaucoup d’enfants arrivés d’un autre pays, la future journaliste a cherché à trouver sa place dans un environnement nouveau. Une période parfois difficile qui l’a amenée à s’interroger sur son identité et sur la manière dont elle était perçue par les autres. Pourtant, malgré son mal-être, elle n’a jamais trouvé la force d’aborder le sujet avec son père. Dans un entretien accordé à L’Orient-Le Jour, Léa Salamé s’est souvenue de ces années compliquées :

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« C’est vrai qu’à l’école, quand j’avais 12, 13 ans, ils disaient : « Hala, tes parents t’ont appelée Dieu, Allah ». Je disais : « Non, c’est pas Allah c’est Hala. » Ça n’a rien à voir, on est sur deux trucs totalement différents. Mais ça ne percutait pas. Pour le coup, il faut que je salue ma mère parce que je n’ai pas osé le dire à mon père. »

Face à cette situation, la journaliste a finalement trouvé une solution qui lui permettait de conserver un lien avec ses origines tout en facilitant son intégration dans son nouvel environnement. Une décision prise avec l’appui de sa mère, à un moment charnière de sa scolarité. Toujours auprès de L’Orient-Le Jour, elle racontait :

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« C’est à un moment où je me suis fait virer de mon lycée pour indiscipline chez les jésuites et j’avais atterri dans une autre école. Au lycée, en seconde, je dis à ma mère : ‘Tu sais quoi ? On va mettre les deux prénoms : Hala et Léa.’ Et d’ailleurs sur mon passeport aujourd’hui, il y a les deux prénoms dans le sens inverse. Je garde mon prénom libanais et j’en suis très fière. Je l’aime beaucoup. »

Avec le recul, celle qui anime aujourd’hui certaines des émissions les plus regardées du service public estime que cette décision a probablement eu une influence sur son parcours. Très lucide sur les réalités du monde médiatique français, elle reconnaît que le choix d’utiliser Léa a sans doute facilité certaines choses au début de sa carrière. Dans le même entretien, la journaliste confiait :

« Je ne sais pas si je pressentais le fait de faire une carrière publique plus tard. Parce que souvent on me pose la question de savoir si j’aurais pu faire carrière à la télé française avec ce prénom-là. Aux États-Unis, il y a Hala Gorani parce qu’ils savent le prononcer. En France, ça aurait été compliqué. »

Aujourd’hui âgée de 46 ans, Léa Salamé affirme pleinement ses différentes identités. Loin du malaise qu’elle a pu ressentir à l’adolescence, elle revendique désormais avec fierté ses racines libanaises et son prénom de naissance. Cette confidence éclaire d’un jour nouveau le parcours d’une femme qui, derrière son assurance à l’écran, a elle aussi traversé des questionnements intimes avant de trouver son équilibre.

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