Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis plusieurs années, Muriel Robin évoque avec une grande liberté les épisodes les plus difficiles de son existence. Derrière les succès, les spectacles à guichets fermés et l’affection du public, l’humoriste a longtemps dû composer avec des blessures profondes héritées de son passé. À 70 ans, elle porte désormais un regard lucide sur son parcours et n’hésite plus à raconter les événements qui ont marqué durablement sa vie. Parmi eux, un souvenir remontant à son enfance occupe une place particulière.
Figure incontournable de l’humour français, Muriel Robin a traversé les décennies en s’imposant comme l’une des artistes les plus populaires de sa génération. Mais derrière l’image de la femme drôle et énergique se cachait un mal-être qu’elle a mis des années à comprendre. Son rapport à l’alcool, notamment, a longtemps accompagné certaines périodes de sa vie. Selon elle, les racines de cette dépendance remontent à un événement survenu alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente.
Au fil de ses prises de parole, la comédienne a souvent expliqué l’importance du travail personnel qu’elle a entrepris pour mieux comprendre son histoire. Un cheminement qui lui permet aujourd’hui d’afficher une sérénité qu’elle n’avait pas toujours connue. Lors d’un entretien accordé à Isabelle Ithurburu, Muriel Robin confiait d’ailleurs :
« Je suis apaisée, je suis bien dans ma tête et dans mon corps ».
Cette tranquillité retrouvée l’a amenée à revenir sur certains souvenirs douloureux de son enfance. Parmi eux, un épisode impliquant son père et sa découverte précoce de l’alcool, dont elle estime aujourd’hui qu’il a laissé une trace durable. Toujours face à Isabelle Ithurburu, l’humoriste racontait :
« Mon père avait eu la mauvaise idée de me faire boire une bouteille de Sancerre à 12 ans. C’était rentré dans mon disque dur. »
Une expérience qui, selon elle, a contribué à façonner son rapport à l’alcool pendant de nombreuses années. Avec le recul, Muriel Robin reconnaît avoir longtemps banalisé une consommation devenue problématique, avant de prendre conscience de la situation :
« J’étais une alcoolique mondaine. Mais j’ai compris qu’il était anormal de boire une bouteille de champagne presque tous les soirs. »
La prise de conscience ne s’est toutefois pas faite seule. Au fil du temps, la comédienne a entrepris un important travail sur elle-même, soutenue notamment par sa compagne, Anne Le Nen. Une rencontre qui a joué un rôle décisif dans son évolution personnelle. Muriel Robin se souvenait ainsi des mots prononcés par celle qui partage sa vie :
« Quand j’ai rencontré Anne, et même si j’avais commencé un travail sur moi, elle m’a dit : ‘Si tu veux te détruire, vas-y, mais moi je ne peux pas regarder quelqu’un que j’aime s’anéantir’. »
Aujourd’hui, l’ancienne partenaire de scène de Pierre Palmade semble avoir trouvé un équilibre qu’elle recherchait depuis longtemps. En revenant sans détour sur son passé, ses failles et ses combats, Muriel Robin offre un témoignage sincère sur la manière dont certaines blessures d’enfance peuvent marquer une existence. Une parole rare qui illustre aussi le chemin parcouru vers un apaisement qu’elle revendique désormais pleinement.
