Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 77 ans, Gérard Depardieu continue d’alimenter les débats par ses prises de parole sans filtre. L’acteur, monument du cinéma français, n’a jamais eu la réputation de manier la langue de bois. Ces dernières années, son regard sur la France s’est toutefois assombri, au point de multiplier les déclarations critiques sur l’évolution du pays. Des propos qui, comme souvent avec lui, n’ont laissé personne indifférent.
Figure incontournable du septième art depuis plus de cinquante ans, Gérard Depardieu a incarné certains des plus grands rôles du cinéma français, de Cyrano de Bergerac à Jean de Florette. Mais au-delà de sa carrière, l’acteur a toujours cultivé une image d’homme libre, réfractaire aux conventions et aux appartenances trop rigides.
Installé une partie du temps à l’étranger depuis plusieurs années, il entretient désormais une relation plus distante avec la France, qu’il juge profondément transformée. Ce malaise, il l’avait déjà exprimé en 2020 lors d’un entretien accordé à TF1 face à Audrey Crespo-Mara. L’acteur y décrivait une société qu’il percevait comme gagnée par la mélancolie et le repli :
« Ça fait un bout de temps que le France est triste, tout comme l’Europe d’ailleurs. Les gens sont très tristes, d’ailleurs je ne les vois pas car je sors très peu d’ici. »
Mais c’est surtout en 2015 que Gérard Depardieu avait frappé les esprits avec une déclaration particulièrement sévère sur l’avenir du pays. À l’occasion de la présentation d’un film, le comédien avait livré un constat sans détour sur ce qu’il estimait être le déclin de la France :
« La France risque risque de devenir un Disneyland pour les étrangers, peuplé d’imbéciles qui font du vin et du fromage qui pue pour les touristes. Il n’y a plus de liberté, les gens sont manipulés. »
Une sortie à l’image de son tempérament : provocatrice, excessive pour certains, mais assumée par l’acteur. À travers ces mots, l’interprète de Cyrano dénonçait ce qu’il considérait comme une perte d’authenticité et de liberté dans la société française.
Dans la suite de cet entretien, Gérard Depardieu élargissait son analyse à l’échelle européenne, opposant notamment la France à l’Italie, qu’il jugeait plus fidèle à son identité culturelle :
« En Italie, heureusement, vous n’avez pas perdu votre culture et votre identité. Parce que vous êtes un pays jeune, né avec Garibaldi. Contrairement à la moitié de l’Europe qui, avec la peur des migrants, est devenue un peu fasciste. »
Ces déclarations illustrent la vision très personnelle que l’acteur porte sur l’évolution de l’Europe et de la France. Pour lui, le pays aurait perdu une partie de sa vitalité, de sa liberté et de sa singularité culturelle, au profit d’une société plus standardisée et plus inquiète.
Fidèle à sa réputation d’homme entier, Gérard Depardieu n’a jamais cherché à adoucir ses positions pour ménager l’opinion publique. À 77 ans, il continue de s’exprimer avec la même brutalité que par le passé, quitte à susciter la polémique. Une constance qui fait autant partie du personnage que sa carrière hors norme dans le cinéma français.
