Par Rédaction | Sport
Le sacre de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 1998 a marqué bien plus que l’histoire du football. Au fil des années, cette génération est devenue le symbole d’une France rassemblée, notamment autour de l’expression « black-blanc-beur ». Une lecture que les principaux intéressés n’ont pourtant pas toujours partagée. Frank Leboeuf l’a d’ailleurs rappelé avec son franc-parler habituel.
Figure emblématique des Bleus champions du monde en 1998, Frank Leboeuf a vécu de l’intérieur l’une des plus grandes pages du sport français. Au-delà de la victoire face au Brésil en finale, cette équipe a rapidement été érigée en modèle de diversité par une partie des médias et du monde politique. Si cette image s’est durablement installée dans l’imaginaire collectif, l’ancien défenseur assure que les joueurs ne percevaient pas leur aventure sous cet angle.
Invité sur le plateau de l’émission Le Vestiaire, Frank Leboeuf est revenu sur cette période en présence d’Eunice Barber. Selon lui, l’expression « black-blanc-beur » ne correspondait pas à la manière dont les joueurs vivaient leur quotidien au sein du groupe :
« J’ai toujours dit que c’était un rattrapage politique (sic), cette histoire de black-blanc-beur. On a rendu les gens heureux pendant un été, on n’a pas changé la face de la France. C’était sympa. Nous on a pas calculé comme ça.
On était juste contents de jouer au foot parce que ça faisait partie de notre vie de jouer avec des Noirs, des Maghrébins, des Chinois, etc. La question ne se posait pas. Elle a été récupérée parce que c’était symbolique, mais nous on s’en foutait complètement. On ne se posait pas la question de savoir qui marquait, tout ça. »
Pour l’ancien défenseur de Chelsea, l’identité des joueurs reposait avant tout sur leur appartenance à l’équipe de France. Les origines de chacun passaient au second plan, l’objectif commun étant uniquement de défendre les couleurs du pays sur le terrain.
Cette vision s’était notamment illustrée lors des célébrations du titre mondial. Christophe Dugarry avait raconté un épisode impliquant Lilian Thuram et Frank Leboeuf, révélateur des discussions qui pouvaient exister au sein du groupe. « Duga » se souvenait ainsi :
« On a la coupe, on est en train de faire des photos entre nous (…). Et là j’entends Lilian Thuram, et je ne suis pas le seul Frank Leboeuf aussi, dire : « Allez les Blacks on fait une photo tous ensemble ». (…) Et il y a Frank Leboeuf qui relève et lui dit : « Lilian qu’est-ce que tu dis là ? Imagine si nous, on avait dit : ‘Allez les blancs on fait une photo tous ensemble’, comment tu aurais réagi ? » »
Près de trente ans après le sacre de 1998, l’expression « black-blanc-beur » continue d’être associée à cette génération. Frank Leboeuf, lui, estime que les joueurs se définissaient avant tout comme un collectif uni autour d’un même objectif sportif, sans accorder l’importance que d’autres ont ensuite donnée à cette dimension symbolique.
