Par Rédaction | Sport
Samir Nasri n’a jamais entretenu une relation simple avec la France. Adulé par certains, vivement critiqué par d’autres, l’ancien international tricolore avait souvent eu le sentiment de ne pas être compris dans son propre pays. Et lorsqu’il évoquait cette relation particulière, le Marseillais ne mâchait pas ses mots.
Comme Franck Ribéry, Karim Benzema ou Hatem Ben Arfa, Samir Nasri avait traversé une période particulièrement compliquée pour les jeunes talents français. Entre critiques médiatiques et incompréhensions avec une partie du public, l’ancien joueur de Manchester City avait fini par développer un regard très personnel sur la façon dont son pays considérait la réussite.
Interrogé par Onze Mondial sur son rapport avec les Français et sur l’image qu’il renvoyait dans l’Hexagone, le joueur aux 41 sélections avait d’abord reconnu qu’il était difficile de savoir précisément qui l’appréciait ou non :
« Est-ce que les Français ne m’aiment pas ? Jamais personne n’est venu me voir. Après en même temps, qui va venir me voir en face et me dire : « Je t’aime pas » ? Personne ne fait ça. Je suis peut-être aimé par les gens de banlieues, par les gens qui se reconnaissent en moi. Par d’autres personnes, je suis mal aimé parce que je ne conviens pas ou que je n’ai pas une attitude que je dois avoir peut-être… »
Mais pour Samir Nasri, le problème dépassait largement sa propre personne. L’ancien Citizen estimait que la réussite financière et professionnelle suscitait en France un regard particulier, notamment par comparaison avec les États-Unis ou l’Angleterre. Il l’expliquait ainsi :
« Si c’est de la jalousie ? Oui, mais c’est la France. Ça a toujours été comme ça. Aux États-Unis, il n’y a aucun problème. Tu vas sur le site de la MLS, tu as tous les salaires des joueurs qui sont affichés. Lorsque les gens se baladent dans la rue, au contraire, on le respecte. En Angleterre, on connaît plus ou moins les salaires des joueurs. Tu crois qu’il y a quelqu’un dans la rue, qui va venir me voir et me dire : « Tu es trop payé » ? »
Selon lui, cette différence de perception était particulièrement forte dans l’Hexagone. Samir Nasri regrettait ainsi que les joueurs français soient davantage confrontés aux critiques dès lors qu’ils connaissaient une certaine réussite :
« Jamais personne ne va te dire quoi que ce soit. Les gens te respectent. Il n’y a qu’en France où il y a ce rapport. Lorsque tu gagnes de l’argent, tout le monde te regarde, tout le monde est jaloux, tout le monde est envieux. C’est la mentalité française, c’est comme ça. Toujours envieux, toujours à critiquer. »
Pour autant, l’ancien international français avait pris soin de distinguer les Français eux-mêmes des journalistes avec lesquels il avait pu avoir des différends. Malgré ses critiques sur la mentalité qu’il percevait dans le pays, il assurait ne pas rejeter la France ni ses habitants :
« Je n’ai aucun problème avec la France, je n’ai aucun problème avec les Français. J’ai un problème avec… Non, même pas, j’ai eu un problème avec des journalistes. Je ne mets pas les Français dedans. Ils n’ont rien à voir. Quand je les croise dans la rue, à part m’encourager et me dire : « Tu nous manques »… Il n’y a rien d’autre. Il ne faut pas tout mélanger. »
Les déclarations de Samir Nasri témoignaient donc d’un rapport pour le moins ambivalent avec son pays. S’il affirmait ne rien avoir contre les Français, le Marseillais regrettait vivement le regard porté sur la réussite et les salaires des sportifs. Une critique assumée, mais qu’il avait pris soin de ne pas confondre avec un rejet de la France ou de ses habitants.
