Par Rédaction | Sport
Devenir champion du monde à seulement 24 ans ne signifie pas forcément occuper une place centrale dans un vestiaire. Lors du Mondial 1998, Robert Pirès faisait partie des plus jeunes éléments de l’équipe de France et devait encore faire ses preuves auprès de cadres déjà installés. Une période dont il garde le souvenir d’une relation particulièrement glaciale avec l’un des leaders des Bleus.
Avant de devenir l’un des artisans du sacre à l’Euro 2000 puis une référence en Premier League sous les couleurs d’Arsenal, Robert Pirès a connu des débuts plus discrets en sélection. Dans un groupe emmené par des joueurs au fort caractère, le milieu offensif a dû apprendre les codes d’un vestiaire où la hiérarchie ne souffrait d’aucune contestation.
Figure marquante de l’histoire de l’équipe de France, Robert Pirès compte finalement 79 sélections avec les Bleus. Mais à l’été 1998, le Rémois n’était encore qu’un jeune international évoluant dans l’ombre des cadres. Entre Laurent Blanc, Didier Deschamps ou encore Marcel Desailly, les champions du monde les plus expérimentés imposaient naturellement leur autorité, et les nouveaux venus devaient patienter avant d’espérer être pleinement intégrés.
Si Didier Deschamps échangeait avec l’ensemble de ses coéquipiers, Robert Pirès explique que Marcel Desailly entretenait une relation bien différente avec les plus jeunes. Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancien joueur d’Arsenal s’était souvenu de cette période :
« Marcel était très dur, très strict avec les jeunes. Marcel ne me parlait pas en équipe de France, il avait imposé une hiérarchie. C’était le seul pratiquement à qui je ne parlais pas. Alors, au fond de moi, j’étais très fier d’avoir fait ça à Marcel Desailly. »
Cette satisfaction faisait référence à un épisode survenu un peu plus d’un an après la Coupe du monde. En octobre 1999, lors d’une rencontre de Ligue des champions entre l’Olympique de Marseille et Chelsea, Robert Pirès avait pris le dessus sur le défenseur français grâce à une action restée gravée dans sa mémoire. Toujours auprès de L’Équipe, l’ancien international racontait ainsi ce moment avec précision :
« Quand tu jouais Chelsea, si tu échappais à Didier-la-cisaille (Deschamps), qui était sans pitié aussi, tu avais ensuite Marcel Desailly… C’était tendu. Ce que j’aime dans cette action, c’est l’accélération que je mets à Marcel. Je le dépose ! Vraiment ! Après, je me retrouve dans une position où je dois centrer. Et je ne sais pas ce qu’il se passe dans ma tête, je frappe angle fermé. Le ballon tape les deux poteaux, sans toucher le sol et rentre. Énorme réussite. »
Plus qu’un véritable conflit, cette distance semblait surtout traduire une manière de fonctionner propre aux anciens de l’équipe de France, où le respect se gagnait au fil des saisons. Robert Pirès, lui, a transformé cette frustration en moteur pour s’imposer parmi les grands noms du football français. Des années plus tard, les deux hommes restent avant tout unis par ce titre de champion du monde décroché en 1998, qui les a fait entrer ensemble dans l’histoire du football français.
