Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Russell Westbrook a longtemps été accusé de gonfler artificiellement ses statistiques, une critique que Gilbert Arenas juge profondément contradictoire au regard de ce que représente réellement un triple-double.
La perception autour de Russell Westbrook a profondément changé au fil de sa carrière. Ancien MVP et seul joueur de l’histoire à avoir signé quatre saisons en triple-double, il a pourtant régulièrement été réduit à l’image d’un joueur obsédé par ses chiffres personnels, notamment sur les réseaux sociaux.
Gilbert Arenas estime que cette lecture a fini par masquer une grande partie de ce que Westbrook apportait réellement. Au fil de ses passages à Houston, Washington, Los Angeles, chez les Clippers, Denver puis Sacramento, le meneur a pourtant accepté différents rôles, parfois loin de celui de superstar dominante qu’il occupait à Oklahoma City.
Gilbert Arenas défend les triple-doubles de Russell Westbrook
Arenas s’agace : « Un triple-double est devenu du stat-padding ? Mais les statistiques dont vous parlez, l’une représente l’altruisme, puisque ce sont les passes, et l’autre représente l’effort avec les rebonds. Donc vous dites qu’un gars gonfle ses statistiques en prenant des rebonds ? Tous les pivots de NBA font ça. C’est vraiment la chose la plus étrange. »
Pour Arenas, le problème vient surtout de la manière dont une réputation peut être amplifiée jusqu’à devenir presque impossible à corriger. Les pertes de balle et les limites au tir extérieur de Westbrook étaient bien réelles, mais elles ont selon lui pris tellement de place dans le débat qu’elles ont fini par éclipser son activité et sa capacité d’adaptation.
La fin de carrière de Westbrook renforce encore cette impression à ses yeux. À Sacramento, il continuait à apporter de la création et de l’énergie malgré une saison difficile collectivement. Pourtant, l’intérêt autour de lui s’est progressivement tari jusqu’à son départ à la retraite, preuve pour Arenas que son image négative avait fini par peser lourdement.
Le débat dépasse donc les simples statistiques. Arenas ne prétend pas que Westbrook était sans défaut, mais il refuse que ses triple-doubles soient utilisés comme preuve d’égoïsme. À ses yeux, accumuler les passes et les rebonds traduisait au contraire une volonté constante de participer partout, exactement l’inverse du récit qui a fini par s’imposer.
