Par Pierre-Andréa Fraile | Journaliste sportif
Légende à part entière de la NBA, Bill Russell a écrit l’une des, si ce n’est la plus belle page de l’histoire des Celtics. Et pourtant, dans une ère où les actes racistes étaient malheureusement légion, le glorieux pivot vivait un véritable enfer à Boston.
Dans l’histoire de la NBA, nombreuses sont les stars à n’avoir porté les couleurs que d’une seule franchise dans leur carrière. Certaines le font d’ailleurs encore actuellement, à l’instar de Stephen Curry. Cette pratique paraissait néanmoins plus courante par le passé, à l’époque où les transferts et autres changements d’environnement se faisaient beaucoup plus rares. Époque qu’a notamment incarnée… Bill Russell.
Arrivé dans la ligue en 1956, l’illustre pivot a en réalité fait l’objet d’un trade… en parallèle de sa draft. Cédé par les St. Louis Hawks, il a alors rejoint les Celtics et ne les a plus jamais quittés par la suite. En 13 ans de carrière sur place, il a notamment remporté 5 trophées de MVP, mais surtout 11 bagues de champion, un record inégalé et d’apparence inégalable. Et pourtant, cela ne l’empêchait pas d’être maltraité à Boston.
Le racisme infecte subi par Bill Russell à Boston
Malgré tous les exploits qu’il a pu réaliser sous le maillot des Celtics, Russell n’a malheureusement pas échappé au racisme qui sévissait alors à Boston. Racisme qui a en réalité perduré, et dont la légende des Lakers Byron Scott a également été victime. Lors d’une apparition dans le podcast Fast Break, ce dernier a cependant déclaré ne jamais avoir subi des atrocités similaires à celles réservées à son glorieux aîné :
Byron Scott : Je pense que si les gens connaissaient l’histoire de Bill Russell et le traitement que lui réservaient les fans à Boston, ça les rendrait malades. Les fans l’adoraient quand il était sur le parquet mais dès qu’il en sortait, il redevenait un simple homme noir à leurs yeux. À tel point que les gens allaient chez lui et y pénétraient illégalement avant de déféquer sur son lit.
À la vue de ce récit, il parait presque inconcevable que Russell ait pu rester dans le Massachusetts tout au long de sa carrière. Or, au lieu de fuir ce fléau, le regretté big man a tâché de le combattre. Un combat qui lui tenait encore à cœur avant sa récente disparition et sur lequel il s’est épanché en 2020 dans les colonnes de SLAM. L’occasion pour lui de révéler la force qu’il puisait dans ces actes odieux qui le visaient :
Bill Russell : Pendant les matches, les gens me criaient des choses haineuses et indécentes comme « Retourne en Afrique », « Babouin » et plein d’autres insultes. Je me servais de leur méchanceté comme d’une énergie pour m’alimenter et entrer dans un état de rage qui me permettait de gagner. De mon point de vue, je jouais pour la franchise des Boston Celtics et pour mes coéquipiers, pas pour la ville ou les fans.
Nul n’est prophète en son pays, et pas même Bill Russell à Boston. Les prouesses du Hall of Famer sur les parquets avec les Celtics ne l’épargnaient pas vis-à-vis du racisme, sans pour autant qu’il ne se laisse abattre par les horribles actes dont il a été victime.
