Ségolène Royal déballe les propos choc de Lionel Jospin (88 ans) envers elle : « Il m’a dit : ‘Toi, avec tes…

Ségolène Royal et Lionel Jospin
BFM TV (DR) / France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Figure clivante de la vie publique française, Ségolène Royal n’a jamais hésité à dire ce qu’elle pense. Longtemps engagée au plus haut niveau de l’État, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle a connu les coulisses parfois brutales du pouvoir. Des souvenirs qu’elle continue de raconter, sans filtre. Et certains concernent directement Lionel Jospin.

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À la fin des années 1990, Ségolène Royal est ministre déléguée au ministère de l’Éducation nationale, sous l’autorité de Claude Allègre. Lorsque ce dernier est poussé vers la sortie, elle est elle aussi informée qu’elle devra quitter le gouvernement. Une décision brutale, qu’elle encaisse mal sur le moment, au point de couper son téléphone et de préparer son départ.

C’est en rallumant son portable que l’ancienne compagne de François Hollande découvre de nombreux appels manqués de Lionel Jospin. Elle le rappelle alors, persuadée que la situation va être clarifiée. Mais l’homme politique lui répond avec un détachement détonant, lui apprenant de manière bien étrange qu’elle deviendra ministre :

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« Il me dit : « Voilà, j’ai oublié de nommer le ministre de la Famille, donc toi avec tes quatre enfants, tu feras l’affaire ». Et avant de raccrocher, il me dit : « Ah au fait, j’ai oublié aussi les handicapés. Tu seras ministre de la Famille et des Handicapés ». »

Des propos qui, avec le recul, peuvent être perçus avec un certain cynisme à plusieurs titres. En ramenant Ségolène Royal à sa situation personnelle pour lui attribuer un portefeuille ministériel, Lionel Jospin a laissé transparaître une légèreté et un manque de considération qui ont durablement marqué l’intéressée. Même remarque pour le peu de considération vis-à-vis des personnes handicapées.

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Cette distance entre les deux figures de gauche ne s’est jamais vraiment résorbée. Après l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002, Ségolène Royal n’avait d’ailleurs pas caché ses critiques, mettant en cause son style de gouvernance et son rapport à ses alliés politiques :

« Si Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira ont été candidats il y a bien une raison. Ce sont une femme et un homme de conviction. Et s’ils estiment qu’ils ont des choses à défendre, c’est qu’ils ne se retrouvent pas dans ce qu’a fait Lionel Jospin quand il était aux responsabilités. Donc c’est le manque de respect de Lionel Jospin à leur égard et le manque de prise en considération de leurs convictions qui expliquent leur candidature. Et pas l’inverse. »

Avec le temps, ces confidences dessinent un portrait peu reluisant des coulisses de la politique française. Pour Ségolène Royal, cet épisode illustre surtout une époque où les décisions se prenaient dans la précipitation, parfois au mépris des personnes concernées. Un souvenir amer, qu’elle continue d’assumer publiquement, fidèle à sa réputation de femme politique qui ne se tait pas.

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