Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
À 41 ans, LeBron James continue d’évoluer dans une dimension que peu ont atteinte avant lui. Vingt-trois saisons dans la ligue, une longévité hors normes et une capacité rare à rester productif malgré l’usure du corps. Sur le papier, rien ne semble indiquer une fin imminente, et pourtant…
Derrière les chiffres, certains détails interpellent. L’impact défensif de LeBron James n’est plus celui qui faisait sa réputation durant ses grandes années à Miami ou à Cleveland. Les rotations sont parfois tardives, les replis moins tranchants, et l’intensité n’est plus constante sur l’ensemble d’un match. Des signaux faibles, mais répétés, qui alimentent une réflexion plus large sur son avenir.
C’est précisément ce qui a poussé Brendan Haywood, ancien coéquipier du joueur, à s’exprimer sans détour. L’ex-intérieur estime que la défense est souvent le premier secteur où le déclin devient visible chez les très grands joueurs. Selon lui, James lui-même n’a peut-être pas encore une idée claire du moment où il décidera d’arrêter. « Honnêtement, je pense que personne ne sait vraiment. Je ne pense même pas que LeBron le sache lui-même », a-t-il confié, laissant entendre que la décision pourrait se faire presque malgré lui.
Des signes que seuls les anciens reconnaissent
Pour Haywood, l’analyse va au-delà de simples impressions. En observant attentivement les matchs récents, il affirme reconnaître un schéma déjà vu chez d’autres superstars en fin de parcours. « Quand je regarde cette version de LeBron, notamment défensivement, je me dis que la fin est là. Que ce soit cette saison ou la suivante, ça arrive », a-t-il expliqué, évoquant une bascule progressive plutôt qu’une chute brutale.
Cette lecture n’enlève rien à la grandeur du parcours de James, bien au contraire. Rarement un joueur aura porté autant de responsabilités aussi longtemps, en étant constamment attendu au plus haut niveau. Mais la NBA ne pardonne pas le moindre relâchement, surtout quand l’âge devient un facteur impossible à ignorer. À ce stade, chaque possession manquée en défense devient un symbole bien plus lourd qu’auparavant.
Haywood insiste sur un point précis : les très grands sont souvent les derniers à accepter cette réalité. « C’est exactement à ça que ça ressemble pour les légendes à la fin. Tu regardes et tu te dis “oh non…” avant de te demander ce que tu es en train de voir », a-t-il ajouté, décrivant ce moment où l’évidence commence à remplacer le doute.
Pour les Lakers, la question n’est donc pas uniquement émotionnelle. Si LeBron James veut encore viser les sommets, l’engagement défensif devra redevenir une priorité, même au prix d’efforts supplémentaires. Dans le cas contraire, l’organisation pourrait être contrainte d’anticiper une transition inévitable, aussi délicate soit-elle.
