Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La soirée devait servir de relance, elle s’est transformée en symbole du malaise. À domicile, la franchise de Milwaukee a subi une lourde humiliation face à une équipe de Minnesota pourtant très diminuée. Dans une ambiance devenue pesante, Giannis Antetokounmpo s’est retrouvé au centre d’une scène inhabituelle au Fiserv Forum.
Privés d’Anthony Edwards et de Rudy Gobert, les Timberwolves ont pourtant dominé les débats sans partage. Rapidement distancés, les Bucks ont encaissé un écart abyssal, jusqu’à être menés de plus de quarante points dans une rencontre totalement à sens unique. Julius Randle, auteur de 29 points, a symbolisé cette démonstration.
Face à la détresse collective, les tribunes ont fini par gronder. À la pause, alors que Milwaukee regagnait les vestiaires avec 31 points de retard, des sifflets nourris sont descendus des gradins. Une situation rare pour une équipe portée depuis plus d’une décennie par son double MVP, et encore plus inhabituelle pour Giannis lui-même.
Une réaction assumée face à un climat tendu
De retour sur le parquet, Antetokounmpo n’a pas cherché à ignorer l’atmosphère hostile. Après un panier avec la faute, il a répondu par un geste explicite et des huées en direction du public. En conférence de presse, le Grec n’a pas esquivé le sujet, expliquant avec franchise : « Je répondais clairement aux sifflets. Quand on me siffle, je siffle en retour. Je fais ça toute la saison. Mais c’est nouveau pour moi ici, et je ne pense pas que ce soit juste ».
Le leader de Milwaukee a toutefois reconnu les manquements de son équipe, sans chercher à se défausser. Il a rappelé que les performances proposées ne correspondaient pas aux standards qu’il s’impose ni à ceux attendus par la franchise, tout en assumant pleinement sa manière de réagir sur le terrain.
Au-delà de l’épisode des sifflets, cette scène reflète surtout la pression grandissante autour des Bucks. Avec un bilan de 17 victoires pour 23 défaites et une inquiétante 11e place à l’Est, Milwaukee navigue dangereusement aux portes du Play-In, loin des ambitions affichées en début de saison.
Les rumeurs de transferts autour d’Antetokounmpo, longtemps inimaginables, ajoutent une tension supplémentaire à un contexte déjà fragile. Le visage fermé du Grec et son discours plus dur que d’ordinaire traduisent une frustration profonde, alimentée par les résultats et l’incapacité de l’équipe à retrouver une identité claire.
