Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Au sein de la troupe du Splendid, certaines histoires sont entrées dans la légende, d’autres sont longtemps restées dans l’ombre. Derrière les succès populaires et les amitiés indéfectibles, des relations amoureuses ont aussi façonné cette époque foisonnante. Valérie Mairesse a accepté de lever le voile sur l’une d’entre elles. Et ses souvenirs sont sans détour.
Figure incontournable de la comédie française, Thierry Lhermitte a souvent été associé à l’image de séducteur qu’il incarnait à l’écran. Pourtant, loin du personnage de Popeye dans Les Bronzés, l’acteur a mené une vie privée bien plus discrète. Avant de fonder une famille durable, il a partagé une relation de trois ans avec Valérie Mairesse, actrice alors en pleine ascension, au début des années 1970.
À cette période, la jeune femme est très courtisée, et déjà connue pour son tempérament affirmé. Leur histoire se déroule dans un contexte artistique intense, marqué par la naissance du Splendid et une effervescence créative permanente. Longtemps restée silencieuse sur cette idylle, la comédienne est revenue sur cette rencontre marquante, sans chercher à édulcorer ses souvenirs. Dans les colonnes de Gala, la comédienne racontait :
« J’avais un caractère de gamine avec un corps provocant. Je plaisais beaucoup. Quand Thierry Lhermitte m’a rencontrée, il a confié à Gérard Jugnot : « Je viens de rencontrer la plus belle femme du monde ». Gérard, lorsqu’il m’a croisée ensuite, a dit qu’il était un peu déçu. Je lui ai répondu : « Pas de problème, je préfère plaire à Thierry qu’à toi ». »
Derrière cette anecdote teintée d’humour se cache aussi une période plus sombre. À une époque où l’avortement était encore illégal en France, Valérie Mairesse a dû affronter une épreuve intime lourde de conséquences. Elle n’a jamais éludé cet épisode, tout en portant un regard lucide sur la jeune femme qu’elle était alors. Toujours dans Gala, l’actrice a confié avec franchise :
« J’ai avorté de lui en Hollande parce que c’était interdit en France (…) Je trouvais Thierry presque un peu trop gentil. Jeune fille, j’étais un peu pétasse. »
Malgré cet événement douloureux, Valérie Mairesse n’a jamais renié l’importance de cette relation fondatrice. Dans son autobiographie « Quand je serai grande », puis au fil de ses interviews, elle a rappelé combien ces années avaient compté dans sa construction personnelle et artistique. Au micro de Télé Star, elle résumait ainsi ce lien particulier avec l’un des piliers du Splendid :
« C’est ma première grande histoire d’amour, je n’avais aucune raison de ne pas l’évoquer. Elle a duré trois ans et on a vécu ensemble tout de suite. Avec le reste de la troupe, on a construit le Splendid. On faisait rire les gens, c’était génial. »
Avec le recul, Valérie Mairesse retient surtout l’intensité d’une époque et la sincérité d’une relation marquante. Si les chemins se sont séparés depuis longtemps, cette histoire avec Thierry Lhermitte reste, pour elle, indissociable de ses débuts et de l’aventure humaine unique qu’a été la naissance du Splendid.
