Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La course au trophée de MVP agite déjà les débats en NBA, et les avis divergent selon les observateurs. Entre performances individuelles spectaculaires et résultats collectifs, chacun avance ses arguments. Pour Candace Parker, ancienne star WNBA devenue analyste, le choix ne fait pourtant aucun doute cette saison. À ses yeux, Luka Doncic mérite clairement la récompense suprême.
Lors d’une émission récente animée par Vince Carter et Tracy McGrady, Parker a pris position sans hésitation. Alors que McGrady défendait la candidature de Jaylen Brown, auteur d’une saison solide à Boston en l’absence prolongée de Jayson Tatum, elle a préféré mettre en avant l’incroyable régularité de la superstar slovène. Pour elle, la discussion ne devrait même pas exister tant l’impact de Doncic sur la ligue est impressionnant.
Le meneur des Lakers réalise en effet une campagne individuelle exceptionnelle. Meilleur marqueur de la NBA avec près de 33 points par match, il continue d’enchaîner les prestations de très haut niveau nuit après nuit. Malgré ce rendement hors norme, Parker estime que beaucoup d’amateurs de basket finissent par banaliser ce qu’il accomplit. Un phénomène qu’elle juge dangereux et injuste envers un talent aussi rare.
Un parallèle assumé avec Kobe Bryant
Dans son intervention, l’ancienne joueuse a lancé un message clair aux fans et aux votants. « Ne faites pas à Luka ce qui a été fait à Kobe. Ne vous ennuyez pas de la grandeur. Luka Doncic est un monstre, et j’ai l’impression que, d’une certaine manière, on finit par ignorer ce qu’il fait parce qu’on le voit dominer depuis longtemps. On ne peut pas se lasser de ça », a-t-elle expliqué avec conviction. Pour Parker, le simple fait de répéter l’excellence ne devrait jamais devenir un motif pour minimiser un candidat.
La comparaison avec Kobe Bryant n’a rien d’anodin. Comme Doncic aujourd’hui, l’ancienne légende des Lakers a longtemps porté son équipe presque à elle seule, notamment dans les années suivant le départ de Shaquille O’Neal. Malgré des saisons individuelles historiques, Bryant n’a remporté qu’un seul trophée de MVP dans sa carrière, en 2008, un total que beaucoup jugent dérisoire au regard de son niveau réel.
Parker rappelle ainsi que, dans le passé, les votants ont parfois privilégié des narratifs collectifs plutôt que la pure domination individuelle. Steve Nash en 2006 ou Dirk Nowitzki en 2007 avaient notamment été sacrés MVP malgré des statistiques moins impressionnantes que celles de Bryant à l’époque. Selon elle, Luka Doncic risque aujourd’hui de subir le même sort si l’on continue de relativiser ses exploits.
De son côté, Luka Doncic continue d’avancer sans se soucier du bruit extérieur. Qu’il remporte ou non le trophée cette saison, son empreinte sur le jeu reste indéniable. Sa capacité à transformer chaque match en démonstration technique en fait l’un des joueurs les plus marquants de sa génération, au point que beaucoup peinent déjà à mesurer pleinement son impact.
