NBA – Loin de LeBron James, Michael Jordan taclé pour le déclin du concours de dunks !

Michael Jordan et LeBron James
Stephen Curry (DR) / Today (DR)

Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport

Le concours de dunks traîne une drôle d’étiquette depuis quelques saisons : tout le monde en parle, mais peu de têtes d’affiche s’y risquent vraiment. À chaque All-Star Week-end, la même question revient, presque mécaniquement. Et quand il faut désigner un responsable, les débats finissent souvent par tourner en rond.

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Gilbert Arenas, lui, a décidé de renverser la table. Selon lui, pointer LeBron James du doigt est trop facile, et surtout pas très juste. Dans son idée, le concours n’a pas “décliné” parce que des superstars modernes l’évitent, il a changé parce qu’on l’a transformé en tribunal permanent, avec une comparaison impossible à gagner.

Pour Arenas, le cœur du problème est simple : l’événement est devenu un piège de réputation. Il explique que, dans la NBA d’aujourd’hui, une star joue 82 matchs, porte une franchise, encaisse les critiques, et n’a aucun intérêt à s’offrir un faux pas en vitrine. Ce n’est pas un manque de courage, c’est un calcul : on retient plus un raté qu’un bon dunk, et le risque d’un “moment gênant” pèse plus lourd que la récompense.

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Michael Jordan, la barre trop haute pour tout le monde

Et c’est là qu’il vise Michael Jordan plutôt que LeBron, en remontant directement à 1988. « Écoutez, tout n’est pas la faute de LeBron, d’accord ? LeBron n’a pas ruiné le concours il y a quinze ans… le concours a été ruiné en 1988. Son nom, c’était MJ, “le Dieu, le GOAT”. Quand ce niveau de grandeur entre dans le concours, il place le standard à un niveau irréaliste », lâche Arenas, en insistant sur l’effet “barre trop haute” laissé aux générations suivantes.



« Il était déjà champion marqueur, trois fois All-Star, trois fois All-NBA, dauphin du MVP… puis il gagne le MVP cette année-là, MVP du All-Star, champion du dunk, il a tout fait. On n’a plus eu ces profils-là depuis », poursuit-il. Pour Arenas, ce n’est pas seulement une question de talent, c’est une question d’attente : à partir de là, chaque star est jugée “contre MJ”, et personne n’a envie de jouer à ce jeu.

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Dans cette logique, reprocher à LeBron de ne pas y être allé au sommet de sa carrière, c’est ignorer le contexte moderne : réseaux sociaux, extraits coupés, moqueries immédiates, débats sans fin. Une star sait qu’un seul dunk raté peut tourner en boucle pendant des semaines, et que ça ne rapporte rien en saison régulière. Et quand Arenas dit que le concours a été “ruiné” plus tôt, il insiste aussi sur l’évolution du jugement, devenu plus “vote” que “moment”.

LeBron n’a pas cassé le concours pour lui, il a juste vécu dans une époque où le concours est devenu un test inutile. Jordan, lui, a laissé une référence tellement immense que tout le monde paraît “moins bien” derrière, même quand c’est excellent. Et tant que ce réflexe de comparaison restera la norme, les superstars continueront de se protéger, parce que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

LeBron James Michael Jordan NBA 24/24