Par Rédaction | Sport
La question de la loyauté continue de coller à la peau de James Harden. Passé par plusieurs équipes en quelques saisons, l’arrière a souvent été accusé de fuir dès que la situation se complique. Pourtant, pour Gilbert Arenas, cette lecture est trop simpliste et ignore une réalité économique bien plus brutale. Selon lui, Harden n’a pas trahi le système, il s’y est simplement adapté.
Comparé aux figures historiques restées toute leur carrière dans la même organisation, Harden ne bénéficie pas de la même indulgence. Mais l’époque a changé. Les échanges se multiplient, les fenêtres de titre se ferment rapidement, et les dirigeants n’hésitent plus à sacrifier un joueur si cela sert leurs intérêts financiers ou stratégiques. Dans ce contexte, exiger d’un seul joueur qu’il reste fidèle coûte que coûte paraît, pour Arenas, totalement déconnecté.
L’ancien scoreur ne s’est pas contenté de défendre Harden, il a insisté sur les sacrifices financiers consentis par la star. « Je comprends d’où il vient. Ces joueurs profitent des erreurs des générations précédentes, qui sont restées trop longtemps au même endroit et ont abîmé leur héritage », a-t-il expliqué. « Il a laissé au moins 150 millions de dollars sur la table pour essayer de gagner des titres. Pourquoi les propriétaires ne dépensent-ils pas plus pour gagner ? Le millionnaire sacrifie pour les milliardaires », a ajouté Arenas.
Le prix réel de la quête du titre
Selon Arenas, Harden a accepté de modifier son rôle et même de réduire son salaire afin de permettre à ses équipes d’avoir plus de flexibilité pour recruter. Il rappelle que demander à un joueur de faire des concessions tout en protégeant les profits des propriétaires relève d’un double standard évident. Dans une ligue où tout est business, la loyauté ne peut pas être à sens unique.
Depuis son départ de Houston, Harden a tenté sa chance à Brooklyn, Philadelphie, Los Angeles, puis Cleveland. À chaque fois, l’objectif affiché restait le même : maximiser ses chances de remporter un championnat. Si les projets n’ont pas abouti, cela ne signifie pas qu’il n’a pas joué le jeu. Arenas estime même qu’il a souvent assumé plus de responsabilités que ce que l’on veut bien reconnaître.
Au fond, le débat dépasse le cas Harden. Il interroge la manière dont la NBA traite la notion de loyauté à l’ère moderne. Les équipes n’hésitent pas à échanger un joueur du jour au lendemain, parfois sans prévenir. Pourquoi un joueur ne pourrait-il pas, lui aussi, protéger ses intérêts et son héritage ?
Harden, de son côté, semble avoir fait la paix avec les critiques. Il sait que sa carrière sera jugée à l’aune d’un titre manquant, mais aussi des risques qu’il a pris pour tenter de l’obtenir. Pour Arenas, cela mérite au minimum du respect, sinon une réévaluation complète du mot « loyauté ».
