Après s’être drogué, le moment humiliant de Michel Sardou face à une énorme star : « Il m’a vu et m’a dit…

Michel Sardou
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Derrière l’image du chanteur sûr de lui, Michel Sardou a aussi connu des épisodes de doute et de remise en question. Certaines rencontres, plus que d’autres, ont marqué sa vie personnelle autant que sa carrière. L’une d’elles, survenue aux États-Unis dans les années 1980, reste gravée comme un électrochoc inattendu.

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Figure incontournable de la chanson française, Michel Sardou s’est imposé comme l’un des artistes les plus durables de sa génération. Contrairement à d’autres contemporains emportés par l’autodestruction, l’interprète de La Java de Broadway s’est longtemps tenu à distance des excès. Pourtant, au cœur des années 1980, il a lui aussi frôlé une dérive, lors d’une soirée hollywoodienne qui allait tout changer.

À cette époque, la cocaïne circule abondamment dans les cercles artistiques internationaux. Michel Sardou cède à la tentation lors d’une réception organisée aux États-Unis, dans un cadre aussi prestigieux qu’improbable. Des années plus tard, invité dans l’émission Quotidien, le chanteur revient sans détour sur cet épisode, en évoquant d’abord le contexte et son état d’esprit ce soir-là :

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« Je vais vous dire la vérité, j’en ai pas pris grâce à Ray Charles. J’ai voulu goûter quand même, je me suis dit : “Je ne vais pas mourir con”. Il paraît que ça fait des trucs formidables. Je me suis fait une ligne lors d’une soirée aux Etats-Unis chez Liz Taylor. J’ai respiré ma ligne. Je me suis mis au piano, il y avait un piano dans le coin, je me croyais seul. Et je jouais, ça venait, c’était bien, il y avait des descentes harmoniques formidables. »

Mais l’illusion ne dure pas. Alors qu’il se croit isolé, une présence s’installe à ses côtés. Pas n’importe laquelle. Le pianiste aveugle et légende vivante Ray Charles assiste à la scène et décide d’intervenir. Michel Sardou raconte ce moment de bascule avec une franchise désarmante :

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« Un type s’assoit à côté de moi : c’était Ray Charles. Il m’a dit : “Vous êtes content, là, de ce que vous venez de créer ?” Alors je dis : “Écoutez, c’est formidable !” Il me dit : “Vous avez fait un mi majeur, sans arrêt, un mi majeur”. Alors évidemment, c’est pas terrible. »

Le musicien américain ne s’arrête pas là. Fort de sa propre histoire et de ses combats contre l’addiction, Ray Charles adresse alors une mise en garde directe et profondément déstabilisante. Michel Sardou poursuit son récit :

« Il me dit : “Je vais vous dire un truc : moi, je me drogue, parce qu’il me manque quelque chose, je suis aveugle. Mais vous, vous avez vos bras, vos yeux, votre voix, jambes, vous êtes normal. Ce qu’il risque de vous arriver, c’est qu’elle vous prenne quelque chose”. »

Face à ce discours venu d’une immense star, Michel Sardou se sent soudainement petit, presque honteux. L’effet est immédiat et radical. Le chanteur l’assure, cette leçon improvisée a suffi à l’éloigner définitivement de toute tentation :

« Je n’ai plus jamais, je vous le jure, touché à quoi que ce soit. »

À travers cette anecdote, Michel Sardou révèle une facette plus vulnérable de son parcours. Ce soir-là, au détour d’une soirée hollywoodienne, Ray Charles lui a offert bien plus qu’un recadrage humiliant : un avertissement salvateur, qui a sans doute contribué à préserver la longévité d’un monument de la chanson française.

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