Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis la disparition d’Alain Delon, les hommages et souvenirs affluent. Parmi eux, celui de Lorie Pester, qui a partagé l’affiche avec le comédien en 2010, résonne avec une sincérité particulière. Loin des clichés entourant le mythe, la chanteuse et actrice évoque un homme attentif et bienveillant. Un témoignage qui surprend autant qu’il éclaire.
47 ans plus jeune que lui, Lorie Pester a connu Alain Delon dans un contexte aussi prestigieux qu’intimidant. Principalement révélée au grand public par la chanson au début des années 2000, l’interprète de Week-end faisait alors ses premiers pas en tant que comédienne de fiction. C’est sur le tournage du téléfilm Un mari de trop, diffusé en 2010, qu’elle a croisé la route de l’acteur mythique, figure centrale du cinéma français depuis les années 1960.
À l’époque, la pression est immense pour la jeune artiste, encore peu aguerrie aux codes du jeu face caméra. D’autant plus que l’homme qui lui donne la réplique n’est autre que Alain Delon, souvent décrit comme distant, exigeant, voire difficile. Un portrait que la réalité du tournage va pourtant largement contredire, à en croire Lorie.
Invitée sur le plateau de TF1 il y a environ deux ans, alors que le Guépard était encore en vie et affaibli par la maladie, la comédienne revenait sur cette collaboration marquante :
« J’ai un très bon souvenir de ce téléfilm là. Toute l’équipe de tournage était un peu stressée d’accueillir monsieur Alain Delon, et moi la première. C’était mon deuxième téléfilm, donc je n’étais pas encore très à l’aise. Et il a été super. Je lui ai posé 15.000 questions, sur des trucs techniques, de tournage, des trucs de comédiens quoi. »
Loin de se contenter d’un simple professionnalisme de façade, l’acteur se montrait également attentif à la dynamique collective. Un comportement qui a profondément marqué la jeune actrice, impressionnée par l’implication de la star au quotidien :
« Très souvent, il voulait tourner plutôt l’après-midi parce qu’il n’était pas vraiment du matin. Ce que je comprends très bien, parce qu’on commence les tournages très tôt. Et bien il venait à midi, il arrivait plus tôt pour manger avec nous à la cantine, pour être avec l’équipe. Et après on tournait ensemble. Il a vraiment été de très bon conseil. »
Au-delà de cette expérience professionnelle, Lorie Pester avait aussi confié sa tristesse face aux tensions familiales entourant l’acteur, notamment autour de questions d’héritage, un sujet déjà sensible à l’époque et encore brûlant aujourd’hui :
« Ça m’attriste quand je vois des familles qui se déchirent comme ça. C’est tellement important la famille, il faut… Je trouve ça dommage, vraiment dommage. »
Des propos empreints d’émotion, à l’image du souvenir que conserve aujourd’hui Lorie de celui qui fut l’un des plus grands monstres sacrés du cinéma français. Entre générosité, conseils et élégance sur un plateau, Alain Delon aura su, une fois encore, laisser une trace durable, bien au-delà de sa légende.
