Ségolène Royal balance les propos misogynes de Lionel Jospin en privé : « Il m’a dit ‘toi, avec tes…

Lionel Jospin et Ségolène Royal
France TV (DR) / BFM TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Figure clivante de la vie publique française, Ségolène Royal n’a jamais hésité à dire ce qu’elle pense. Longtemps engagée au plus haut niveau de l’État, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle a connu les coulisses parfois brutales du pouvoir. Des souvenirs qu’elle continue de partager sans filtre. Certains concernent directement Lionel Jospin et la manière dont il lui a parlé à une époque clé de sa carrière.

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À la fin des années 1990, Ségolène Royal occupe le poste de ministre déléguée au ministère de l’Éducation nationale, sous l’autorité de Claude Allègre. Lorsque ce dernier est poussé vers la sortie, elle reçoit la nouvelle qu’elle devra également quitter le gouvernement. Une annonce brutale qu’elle encaisse difficilement sur le moment, au point de couper son téléphone et de préparer son départ.

C’est en rallumant son portable qu’elle découvre de nombreux appels manqués de Lionel Jospin. Pensant que la situation va être clarifiée, elle le rappelle. Mais la réponse de l’ancien Premier ministre la surprend profondément par son ton détaché et sa légèreté apparente :

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« Il me dit : ‘Voilà, j’ai oublié de nommer le ministre de la Famille, donc toi avec tes quatre enfants, tu feras l’affaire’. Et avant de raccrocher, il ajoute : ‘Ah au fait, j’ai oublié aussi les handicapés. Tu seras ministre de la Famille et des Handicapés’. »

Des propos qui, avec le recul, prennent une dimension cynique. En se basant sur sa situation personnelle pour justifier son nommination, Lionel Jospin a laissé transparaître un manque de considération envers Ségolène Royal. L’attitude semble également minimiser l’importance du portefeuille lié aux personnes handicapées, renforçant l’impression d’un traitement expéditif et paternaliste.

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Cette distance entre les deux figures de gauche ne s’est jamais vraiment résorbée. Après l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002, Ségolène Royal n’avait pas caché ses critiques, pointant son style de gouvernance et son rapport avec ses alliés politiques :

« Si Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira ont été candidats, il y a bien une raison. Ce sont une femme et un homme de conviction. Et s’ils estiment qu’ils ont des choses à défendre, c’est qu’ils ne se retrouvent pas dans ce qu’a fait Lionel Jospin quand il était aux responsabilités. Donc c’est le manque de respect de Lionel Jospin à leur égard et le manque de prise en considération de leurs convictions qui expliquent leur candidature. Et pas l’inverse. »

Avec le temps, ces confidences dessinent un portrait peu reluisant des coulisses de la politique française. Pour Ségolène Royal, cet épisode illustre surtout une époque où les décisions se prenaient dans la précipitation, parfois au mépris des personnes concernées. Un souvenir amer, qu’elle continue d’assumer publiquement, fidèle à sa réputation de femme politique qui ne se tait pas.

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