Furax, pourquoi Johnny Hallyday ne voulait plus de Patrick Bruel à ses concerts : « C’est pas correct, chaque fois il…

Johnny Hallyday et Patrick Bruel
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Entre admiration et rivalité feutrée, certaines relations artistiques évoluent sur une ligne fragile. Johnny Hallyday et Patrick Bruel ont longtemps affiché une complicité évidente, sur scène comme en dehors. Pourtant, derrière cette entente apparente, une irritation persistante habitait le Taulier. Une gêne discrète, mais bien réelle, liée à leur manière de partager la lumière.

Publicité

Figure incontournable de la chanson française, Johnny Hallyday n’était pas du genre à s’offusquer facilement. Habitué aux duos et aux collaborations, l’interprète de « Que je t’aime » appréciait le partage artistique, sans jamais craindre d’être éclipsé. Mais lorsqu’il s’agissait de la scène, son territoire sacré, certains comportements pouvaient heurter ses principes. Et dans le viseur du rocker, une attitude bien précise de Patrick Bruel revenait régulièrement.

Cette tension, restée longtemps dans l’ombre, a été révélée dans l’ouvrage « Laeticia, la vraie histoire ». Patrick Balkany y rapporte les confidences que lui aurait faites Johnny Hallyday au sujet de son camarade. Derrière les apparitions complices, le chanteur nourrissait une frustration liée à la prestation scénique de Bruel lors de leurs duos.

Publicité

« Johnny disait souvent : “Je ne l’inviterai plus au concert. Chaque fois il me fait le même coup, il pousse, il pousse la voix”. Johnny disait : “Moi j’ai deux heures et demie de spectacle, et lui, il vient faire juste une chanson. Il le fait exprès et ce n’est pas correct”. »

Une remarque qui en dit long sur l’agacement du Taulier, attaché à une certaine idée du respect entre artistes. Pour lui, monter sur scène en tant qu’invité ne devait pas être l’occasion de tirer la couverture à soi. Une conviction qu’il exprimait sans détour dans ses échanges privés.

Publicité

« Moi, quand j’invite des mecs, ce n’est pas pour qu’ils me montrent qu’ils savent monter plus haut que moi. »

Plus qu’une simple question de performance, c’est une vision du partage qui se dessinait derrière ces mots. Johnny Hallyday considérait la scène comme un espace collectif, où chacun devait trouver sa place sans chercher à dominer l’autre. Reste à savoir si Patrick Bruel cherchait réellement à s’imposer ou s’il se laissait simplement emporter par l’énergie du moment. De son côté, l’intéressé n’a jamais publiquement réagi à ces confidences.

Malgré cette irritation, jamais Johnny Hallyday n’a exposé ce différend sur la place publique. Leur relation est restée marquée par l’estime et une certaine proximité. En 2017, quelques mois avant sa disparition, le rocker avait même convié Patrick Bruel à un dîner pour lui annoncer personnellement sa maladie. Un moment grave, qu’il avait choisi d’aborder avec une pointe de légèreté.

« Mister, bring us a bottle of Sancerre, please. The Foucher Hauts Chaillots. »

Derrière cette anecdote, se dessine une relation complexe, faite de respect mutuel, de petites tensions et de souvenirs partagés. Une preuve que même les plus grandes amitiés artistiques ne sont jamais totalement à l’abri de quelques fausses notes.

Pop culture