Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Certaines rencontres laissent des traces indélébiles, surtout lorsqu’elles impliquent des figures aussi imprévisibles que Serge Gainsbourg. Valérie Mairesse fait partie de ceux qui ont partagé un moment de vie avec l’artiste, à une époque où les nuits parisiennes mêlaient provocation, alcool et liberté totale. Un souvenir ancien, qu’elle raconte encore aujourd’hui avec un mélange d’humour et de lucidité. Et la soirée en question ne lui a clairement pas laissé un souvenir anodin.
Actrice reconnue du cinéma et de la télévision française, Valérie Mairesse a côtoyé de nombreuses personnalités du monde artistique, dont le chanteur et compositeur Serge Gainsbourg. Figure iconique surnommée Gainsbarre, ce dernier était autant admiré pour son talent que connu pour ses excès et son univers nocturne sans filtre. C’est dans ce contexte très particulier que s’est déroulée la soirée dont l’actrice garde encore une mémoire très vive.
Invitée des « Grosses Têtes » sur RTL, la comédienne est revenue sur cet épisode marquant de sa jeunesse, survenu lors d’une soirée particulièrement arrosée aux côtés de l’artiste et de son entourage. Elle raconte une expérience à la fois surprenante et difficile à encaisser pour elle à l’époque :
“Ah oui je l’ai rencontré, j’ai même pris une cuite à cause de lui. Il m’a fait boire un ‘scorpion’ (une boisson alcoolisée à base de rhum et de cognac, ndlr). J’ai passé le reste de la nuit dans les chiottes ! Avec Jane qui me caressait les cheveux en me disant : ‘C’est pas grave, tu vas prendre l’habitude’”
Dans ce souvenir, l’ambiance des soirées parisiennes de l’époque apparaît sans filtre, entre excès assumés et atmosphère de liberté totale. Aux côtés de Jane Birkin, compagne emblématique de Serge Gainsbourg, Valérie Mairesse découvre alors un univers où les limites semblent constamment repoussées.
Des années plus tard, plusieurs témoins et biographes ont également décrit un artiste profondément marqué par ses excès et une fin de vie plus sombre. Le biographe Bernard Pascuito revenait notamment sur cet aspect :
“Je me suis penché sur sa fin de vie et j’ai découvert une grande solitude. Les biographes étaient passés à côté après sa mort qui avait suscité un débordement d’amour en contraste avec son isolement. Il est un homme usé par la maladie, l’alcool, sa greffe du foie. Il n’a que 63 ans mais le ‘régime Gainsbourg’ en ajoute une trentaine.”
Ces récits dessinent le portrait d’un artiste aussi fascinant que destructeur, dont l’aura continue d’influencer les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé. Pour Valérie Mairesse, cette soirée reste un souvenir à part, entre choc, humour et mémoire d’une époque révolue.
Avec le recul, cet épisode s’inscrit dans une période où les nuits parisiennes avaient leurs propres codes, souvent excessifs, parfois déstabilisants. Un monde disparu, mais dont les anecdotes continuent de nourrir la légende Gainsbourg.
