Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Installée en France depuis plus de trois décennies, Adriana Karembeu a construit une carrière remarquable entre mannequinat, télévision et engagement humanitaire. Pourtant, ses premiers pas dans l’Hexagone ne se sont pas déroulés sans surprise. Arrivée de Slovaquie au milieu des années 1990, la jeune femme a rapidement découvert les exigences parfois déconcertantes du monde de la mode parisienne. Des souvenirs qu’elle évoque aujourd’hui avec beaucoup de recul.
Figure emblématique du mannequinat international, Adriana Karembeu a marqué toute une génération grâce à sa silhouette élancée et à son parcours hors du commun. Révélée dans les années 1990, celle qui allait devenir l’un des mannequins les plus célèbres de sa génération a dû apprendre très tôt à composer avec les règles strictes d’un univers particulièrement exigeant. Et à son arrivée à Paris, certaines demandes des professionnels du secteur l’ont laissée sans voix.
À cette époque, les critères imposés aux mannequins étaient particulièrement rigoureux. Le moindre kilo faisait l’objet d’une attention permanente et les jeunes recrues devaient répondre à des standards extrêmement précis. Une réalité à laquelle Adriana Karembeu a été confrontée dès ses débuts dans la capitale française. Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancienne top-modèle revenait sur la manière dont son physique était perçu au lancement de sa carrière :
« Mon corps c’est mon fonds de commerce. On me l’a souvent répété au début de ma carrière en 1994 : “Il faut que tu l’aimes à 100%, que tu en aimes chaque millimètre”. Ce n’était pas un souci car je n’avais pas de problème avec mon physique. »
Si elle affirme n’avoir jamais souffert d’un manque de confiance en elle, certaines remarques reçues à Paris l’ont néanmoins profondément étonnée. Alors qu’elle était déjà particulièrement mince, les professionnels du mannequinat estimaient qu’elle devait encore perdre du poids. Toujours auprès de L’Équipe, Adriana Karembeu racontait :
« Quand j’ai commencé le mannequinat, tout le monde me disait que j’étais très mince, voire maigre. Mais en arrivant à Paris, on m’a dit qu’il fallait que je perde encore du poids. Je mesurais alors 184,5 cm et pesais 58-59 kilos. Mais pour les professionnels, ce n’était pas encore assez, il fallait que je me situe entre 53 et 57 au maximum… Je pensais que c’était une blague. »
Cette exigence illustre les standards particulièrement stricts qui dominaient alors l’industrie de la mode. Avec le recul, la quinquagénaire reconnaît que ces variations de poids ne représentaient pas une difficulté majeure pour elle, même si elle en perçoit aujourd’hui le caractère excessif. Dans le même entretien, elle précisait :
« Il fallait que je me situe entre 53 et 57kg au maximum. Ce n’était pas vraiment difficile pour moi. Qu’il s’agisse de perdre ou de prendre deux ou trois kilos, (…) c’était très facile pour moi et ça le reste »
Désormais éloignée des podiums, Adriana Karembeu porte un regard beaucoup plus serein sur son apparence et sur les changements liés au temps qui passe. L’ancienne épouse de Christian Karembeu assume pleinement cette nouvelle étape de sa vie et refuse les injonctions à conserver éternellement son physique de jeunesse :
« Après cinquante ans, on ne court plus pour son cœur mais pour son cul ! Ce n’est pas forcément plaisant de vieillir, mais c’est la suite logique et je l’accepte. Je pense que beaucoup de gens sont indulgents avec moi… J’espère être toujours jolie pour mon âge, mais je ne cherche plus à être belle comme à 30 ans. C’est une grande hypocrisie de penser conserver le même physique au fil des ans. »
Avec le recul, Adriana Karembeu considère cette période comme une étape importante de son parcours. Si les exigences du mannequinat ont parfois pu lui sembler déconnectées de la réalité, elles ne l’ont jamais empêchée de garder sa personnalité et son sens de la distance. Une expérience qu’elle raconte aujourd’hui avec franchise, preuve d’une lucidité intacte sur les coulisses d’un univers qui a profondément évolué.
