Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Golden State refuse de sacrifier entièrement son avenir pour offrir une dernière chance de titre à Stephen Curry. Steve Kerr assume une stratégie plus prudente, même si elle peut frustrer certains supporters.
Steve Kerr a reconnu que les Warriors ne comptaient pas envoyer une montagne de choix de Draft simplement pour maximiser les dernières années de Stephen Curry. À 38 ans, le meneur reste le visage de la franchise, mais Golden State veut éviter de compromettre toute la décennie suivante pour une opération dont le résultat resterait très incertain.
Le contexte explique cette prudence. Kristaps Porzingis demeure éloigné des terrains, Jimmy Butler est blessé et l’effectif actuel ne ressemble plus à celui qui dominait la NBA quelques années plus tôt. Les Warriors disposent encore de jeunes joueurs et de choix de Draft, et Kerr estime que ces actifs ne peuvent pas être traités comme de simples monnaies d’échange.
Steve Kerr refuse de sacrifier toute la décennie suivante pour Stephen Curry
Kerr a posé la question sans détour : « Est-ce qu’on jette tout notre avenir pour construire autour d’un Steph de 39 ans ? Il aura 39 ans en mars. Est-ce que ça a du sens d’envoyer tous ces choix ? Bien sûr que non. Les fans auraient peut-être adoré qu’on échange cinq premiers tours et deux de nos meilleurs joueurs contre une grande star. »
Le coach poursuit : « Ils auraient peut-être été heureux pendant un an, puis malheureux pendant dix ans si ça avait échoué. » Kerr ne ferme donc pas totalement la porte à une amélioration de l’effectif, mais il refuse l’idée d’une opération extrême qui viderait les ressources de Golden State pour une fenêtre de titre devenue beaucoup plus étroite.
Cette réflexion s’accompagne aussi d’une forme de lucidité sur la fin de cycle. Kerr, récemment prolongé pour deux saisons, imagine désormais clairement que son histoire avec Golden State pourrait se terminer en même temps que celles de Curry et Draymond Green. « Je pourrais voir ça se finir avec Steph, Dray et moi qui partons à peu près au même moment. »
Pour Golden State, le défi consiste donc à rester compétitif sans hypothéquer complètement l’après-Curry. Yaxel Lendeborg représente notamment l’un des jeunes joueurs sur lesquels la franchise veut pouvoir construire. Kerr semble accepter qu’une dernière bague ne puisse pas être poursuivie à n’importe quel prix, même lorsqu’il s’agit d’accompagner la fin de carrière du plus grand joueur de l’histoire des Warriors.

