Ingrid Tanqueray a gentiment accepté de revenir pour nous sur sa sélection en EDF A cette année et ce Mondial en Turquie ainsi que sur son début de saison avec Montpellier. 

Parlons Basket : Bonjour Ingrid, peux-tu te présenter à nos internautes ?

Ingrid Tanqueray : Bonjour, moi c’est Ingrid Tanqueray. Je suis joueuse de basket professionnelle au club de Montpellier depuis maintenant 2 saisons, je suis originaire de Normandie, Caen, où j’ai commencé à jouer au basket (Ouistreham précisément). J’ai joué à Mondeville (un bon bout de temps) et à Villeneuve d’Ascq (2 ans).
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Sous les couleurs du BLMA – Crédit photo : midilibre

Une question que tout le monde se pose… D’où vient ton surnom “Petit Lutin” ?
Mon surnom « Petit Lutin » c’est Valéry (coach de Montpellier) qui m’a appelé comme ça car pour lui « à tout moment je peux sortir un 3 points de mon chapeau » dit-il. Il a eu le malheur de m’appeler comme ça pendant les finales LFB de l’année dernière qui ont été télévisés et depuis c’est resté.
Pourquoi ton numéro 7 ?
Le numéro 7, c’est mon numéro fétiche que je porte depuis que j’ai commencé le basket. Je ne l’ai jamais quitté, sauf en équipe de France jeune et A car les plus anciennes ont le choix des numéros. J’essaye toujours de l’avoir et en club je l’ai toujours eu. Pourquoi l’avoir choisi ? Simplement parce que quand j’étais petite, il y avait un garçon qui jouait avec moi que je trouvais super fort et je voulais faire comme lui tout simplement.
La préparation avec Montpellier n’a pas été facile cette année avec l’arrivée tardive des joueuses internationales et le fort remaniement de l’équipe, comment as-tu vécu cette prépa ?
Il est vrai que cette année la préparation s’est déroulée de manière très particulière. Certaines joueuses sont arrivées dès le début, d’autres début octobre et les internationales à peine 2 semaines avant la reprise du championnat donc ça a été très compliqué pour le coach de gérer cela. Avec un effectif réduit on ne peut ni bosser le collectif et donc pas de match amicaux. L’équipe a en plus de cela été complètement renouvelée nous étions que 3 à rester. Ce n’est pas évident car tout est à refaire, tous les automatismes avec les nouvelles joueuses sont à trouver et tout le collectif doit être mis en place en 2 semaines. On commence tout juste à bien se trouver sur le terrain et nous sommes début décembre. Nous allons monter en puissance tout au long de la saison. La transition entre l’EDF et le club a été dure à faire au départ car les rôles que l’on a et la façon de jouer ne sont pas les mêmes et nous n’avons pas eu de repos. Mais il faut s’adapter rapidement et faire le maximum pour rattraper le retard.
Que penses-tu du match des champions, opposant le champion de France contre la vainqueur de la Coupe de France ? Bien d’avoir un nouveau titre à gagner ou de trop en même temps que l’Open, avec un match de plus à rattraper ?
Le match des champions je trouve que c’est plutôt une bonne idée mais que c’est tombé la mauvaise année. Car les 2 équipes n’ont pas eu de préparation, les 2 équipes sont celles qui jouent le plus de matchs dans l’année, et qui vont avoir le moins de repos à Noël. Et rattraper un match le 23 décembre « ça pique ». Sinon je trouve le concept plutôt bien, ça permet d’avoir un bon match de Gala en début de saison et surtout un titre de plus à aller chercher, et en tant que sportive pro c’est ce qu’on veut : gagner des titres.
A ton arrivée à Montpellier, on t’a annoncé à la succession d’Edwige, comment as-tu vécu cela ? et quelle relation as-tu avec elle ?
Il est vrai qu’en arrivant à Montpellier tout le monde disait que j’étais la succession d’Edwige. Mais je ne suis pas venue en me disant qu’il fallait absolument que je la remplace car c’est une très grande joueuse. Je suis venue en me disant que je pouvais apporter autre chose, que Virginie et moi étions complémentaire. Je ne me suis pas mise de pression par rapport à cela, je suis venue pour jouer dans une équipe qui joue les premiers rôles en LFB, avec des objectifs collectifs et personnels aussi. Je m’entends très bien avec Edwige, c’est quelqu’un avec qui on peut discuter de tout et de rien et qui est très accessible.
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Ingrid Tanqueray à la lutte avec Edwige Lawson lors d’un match opposant Mondeville à Montpellier – Crédit photo : Ouest France

 

Un début de saison mitigé avec le BLMA, une belle victoire en Euroligue contre Galatasaray chez elles, mais deux défaites en championnat. Faute à une prépa courte ou autre chose ?
Effectivement, notre début de saison est mitigée, en championnat on perd contre Villeneuve et Tarbes.Je pense que le manque de préparation y est pour beaucoup car dans les moments plus difficiles, on n’a pas réussi à s’appuyer sur des bases solides mais ça n’enlève en rien le talent de ces 2 équipes qui nous ont battu de belles manières et qui ont mérité leur victoire sur ces 2 matchs. Nous sommes en train de monter en puissance et de former un collectif solide. Tout les matchs en championnat sont compliqués d’autant plus que tout le monde veut gagner contre le champion de France en titre. Peu importe la prépa qu’on a pu avoir et c’est tout à fait normal. A nous d’être solide car nous avons un statut à assumer et forcément une pression supplémentaire.
En Euroligue, à l’inverse du championnat, nous n’avons aucune pression car chaque victoire est un plus et chaque défaite nous rappelle que nous avons encore beaucoup de travail pour atteindre l’élite européen. Donc nous prenons les matchs les uns après les autres, sans complexe. Nous avons battu Galatasaray mais leur équipe a été renouvelé cette année et 2 grosse joueuses n’étaient pas présente.
Justement, cette victoire contre le champion d’Europe en titre, en Turquie en plus, lance bien la saison de Montpellier en Euroligue non ?
Cela nous fait une victoire et on la prend quand même. C’est bon pour la confiance et nous avons battu Kosice, une bonne équipe européenne qui ne lâche jamais rien et encore moins chez elle, nous avons fait une belle prestation.
Parlons de l’EDF, comment as-tu appris ta sélection en A cette année et quelle a été ta réaction?
Ma sélection, je l’ai apprise un soir très tard, à Boulogne, après un match amical contre la Serbie. La coach après le match n’a rien dit. On est toutes allées dans nos chambres en se disant que la sélection ne serait pas pour aujourd’hui. Et on a reçu un message de Cap’s vers 23H30 en nous demandant de descendre en salle de réunion. C’est donc à se moment là que j’ai su que j’étais sélectionnée. Ma réaction ? Forcément j’étais super heureuse et honoré de faire partie de cette équipe. Une première pour moi. J’ai appelé ma famille, mon chéri, mes amis pour leur annoncer la bonne nouvelle.
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Lors du Mondial en Turquie – Crédit photo : FIBA

Première compétition avec l’EDF A, et pour un Mondial ! Qu’est-ce que cela a représenté pour toi et comment s’est passé l’intégration avec les filles ?
Oui première compétition avec les A et un mondial. C’était vraiment énorme !  J’étais fière de porter le maillot de l’équipe de France, et aussi un peu tendu car l’EDF a une réputation à tenir et à assumer. Il faut tout donner pour ne pas décevoir. C’était vraiment une expérience géniale pour moi. On apprend beaucoup en peu de temps.
L’intégration avec les filles ? Très bien, on se connait toutes plus ou moins car ça fait un bon bout de temps qu’on joue les unes contre les autres. Il y en a une bonne partie que j’ai côtoyé aussi en équipe de France jeune donc c’est plutôt facile de s’intégrer.
Tu as partagé ta chambre avec Sandrine Gruda non ? Comment s’est passé la cohabitation et ce choix était-il le vôtre ?
Oui, j’ai partagé ma chambre avec Sandrine pendant le mondial. Cela s’est super bien passé, je la connaissais un petit peu mais pas vraiment personnellement et c’est comme ça aussi qu’on apprend à connaitre les gens. On a toujours tendance à vouloir se mettre avec des personnes qu’on connait depuis très longtemps car on sait comment elles fonctionnent. Mais en se mettant avec des personnes qu’on connait moins, on les découvre et ça permet aussi de s’intégrer au groupe. Maintenant avec Sandrine, on est copines, on s’entend bien et Ekat est dans notre groupe Euroligue donc on va pouvoir se revoir en dehors de l’EDF. Une belle rencontre pendant ce mondial.
Une 7ème place au final, après un décevant match contre le Canada. Le match clé qu’il ne fallait pas perdre était finalement contre la Turquie d’entrée ?
Oui, on savait dès le départ que si on perdait la Turquie, ça allait être compliqué de faire un résultat mais c’est le jeu. On perd de peu contre une équipe de Turquie portée par son public à domicile. Déçu bien sûr,  mais c’était le premier match, l’aventure continue. On aurait pu finir 5 ou 6ème mais on perd le canada, nous n’étions pas dedans.
Quel bilan fais-tu de ce Mondial ? 
Je fais un bilan positif de ce mondial, même si le résultat final n’est pas celui qu’on attendait forcément. Mais c’est aussi une équipe en reconstruction avec un nouveau staff et de nouvelles joueuses à intégrer, un collectif à mettre en place. Personnellement, je pense avoir répondu à ce qu’on attendait de moi même si on a envie de faire toujours plus. Maintenant affaire à suivre pour la suite !!!
Anaël Lardy était avec toi la doublure de Dumerc en EDF, maintenant, vous jouez ensemble à Montpellier, y a t-il une concurrence entre vous deux ou une bonne relation ?
Oui avec Anaël, nous étions les doublures de Cap’s. Anaël connait mieux que moi cette situation car elle a déjà fait des compétitions auparavant. Elle a donc plus d’expérience. On se retrouve à Montpellier avec un objectif commun qui est de garder le titre, même si on sait que ça va être encore très dur !! Nous n’avons pas du tout les mêmes rôles en club et forcément chacune d’entre nous a envie de jouer donc oui il y a de la concurrence mais c’est de la bonne concurrence. Pour nous rendre encore meilleures, tout en sachant qu’on avance ensemble dans la même équipe pour les mêmes objectifs. Une saison c’est long, il y a des hauts et des bas pour chacune d’entre nous. Donc oui, nous avons une bonne relation au quotidien.
Tes objectifs cette année, avec Montpellier et l’EDF ?
Mes objectifs avec Montpellier : essayer de gagner le titre, la coupe de France, et gagner le maximum de matchs  en Euroligue. En EDF il y a l’euro donc forcément continuer avec cette équipe.
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Ingrid Tanqueray présente à l’Euro 2015 ? – Crédit photo : FIBA

Ton meilleur souvenir en EDF (en jeune ou avec l’Equipe A ) ?
Je dirai que c’était quand j’ai appris ma sélection en A, c’est un grand moment de bonheur et de soulagement après tous les stages.
Comment es-tu en dehors des parquets ?
En dehors des parquets je suis simple, j’aime les choses simples et sans extravagance, aller me promener, faire les magasins, profiter du soleil, aller boire un verre avec mes amis, partager des moments en famille, avec mon chéri…
Je te laisse le mot de la fin…
Merci d’avoir penser à moi pour cette ITW c’est toujours un plaisir d’y répondre. Merci à ceux qui me suivent et me soutiennent. A très vite sur les parquets.
 
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Un grand merci à Ingrid Tanqueray de nous avoir consacré du temps, en plein déplacement en Russie.
En espérant la revoir sous les couleurs de l’EDF ! 
Interview réalisée le 2/12/14

A propos de l'auteur

Rédactrice basket féminin. Fan de Tony Parker, Edwige Lawson ou encore Sandrine Gruda. Veut devenir journaliste sportive. Optimiste avant tout. #Basketballneverstops