Cette nuit, les Sixers se sont imposés à Boston alors que les Celtics étaient privés de Kyrie Irving. Mais ce n’est pas une simple « victoire de plus » pour Joel Embiid, le monstrueux pivot de Philadelphie. En plus d’une copie encore bien noircie, le Camerounais vient ici rappeler à son adversaire du soir, Al Horford, que maintenant, c’est lui le nouveau patron dans la raquette. 

Pourtant, Horford présente un exercice très intéressant sous le maillot vert cette saison, au point d’être dans les discussions pour le titre de Défenseur de l’Année, mais aussi ces derniers pour être à nouveau All-Star. Mais le sort (et surtout les votes) en auront décidé autrement puisque c’est bien Embiid qui s’empare du spot dans le cinq majeur des étoiles. Une reconnaissance qui arrive dès sa saison de sophomore et qui confirme l’intérêt que peuvent lui porter fans, experts et autres journalistes.

Lors d’une interview de fin de match, une journaliste de la chaîne TNT lui rappelle à son bon souvenir le vent qu’il a pris par Rihanna il y a quelques temps alors qu’il essayait de se rapprocher de la chanteuse, celle-ci lui ayant gentiment répondu de revenir lorsqu’il serait All-Star. Malgré sa volonté de blaguer, on se rend facilement compte de la fierté dont fait preuve l’intérieur alors qu’il vient d’apprendre sa sélection au ASG, qui plus est dans le cinq de départ.

Quelques facteurs rentrent en jeu de cette sélection pour Joel Embiid. Il y a, avant de rentrer dans le véritable aspect sportif, une image qui le suit depuis qu’il a été drafté en troisième position lors de l’édition 2014 par les 76ers de Philadelphie. Depuis, il est parvenu à lancer son fameux « Trust The Process » qui lui vaudra son surnom, mais aussi une reconnaissance médiatique, Embiid étant habitué aux sorties remarquées (pas forcément négatives d’ailleurs) et au trashtalking sur les parquets et en dehors. Mais justement, parlons du Embiid joueur de basketball. Estimer l’apogée de talent paraît compliqué tant son potentiel est énorme. Chaque match lui sert à progresser et à tenter de nouvelles choses, ajouter de nouvelles armes à sa palette offensive, tout en restant plus que solide lorsqu’il faut protéger son cercle. Cette saison, Joel Embiid tourne à 23,8 points (48,6% au tir), 10,8 rebonds et 1,9 contres par match en 31 minutes de moyenne jouées. La plupart de ses moyennes est d’ailleurs en augmentation s’il l’on compare à la saison précédente.

Si l’on veut aller plus que loin que les chiffres, il suffit d’observer le comportement de The Process sur le terrain. Physique, grand, puissant, imposant, gênant, agile et habile, les adjectifs ne manquent pas pour décrire le nouveau All-Star. A 23 ans, Embiid est effrayant de maîtrise sur son sujet, enchaînant les moves à la Dirk Nowitzki (vidéo ci-jointe) et dominant parfaite sa zone de terrain. Cette nuit par exemple, Al Horford comme Aaron Baynes n’auront su trouver les solutions.

Joel Embiid est le quatrième meilleur pivot en terme de Defensive Real Plus-Minus, une statistique prenant en compte l’impact défensif du joueur sur 100 possessions en terme d’écart de points lorsqu’il est sur le terrain. Devant lui se trouvent Aaron Baynes (3,59) et Salah Mejri (3,61), le meilleur dans cet exercice étant Hassan Whiteside (4,73), cependant, chacun d’entre eux joue en moyenne moins longtemps qu’Embiid (3,25). Il est de plus le seul à être en positif parmi les cinq joueurs cités ici en terme d’Offensive Real Plus-Minus, qui montre une fois de plus son implication réelle des deux côtés du terrain. C’est notamment son agilité des pieds qui lui permet d’être actif à tous les niveaux, malgré ses 2m13, faisant de lui un membre des « 7-footers ». Dan Levy, journaliste à Benny Penn, rapporte bien ce phénomène grâce à une action exécutée par JoJo. Alors que ce dernier est en défense sur Terry Rozier (1m88) depuis une bonne dizaine de secondes, il parvient à forcer le shoot raté à son vis-à-vis, attraper le rebond et relancer une action avec une passe qui sera décisive de l’autre côté du terrain.

Cependant, tout n’est pas encore parfait pour Joel Embiid, évidemment. Son shoot extérieur et à 3-pts est encore faible avec des pourcentages n’atteignant pas la barre des 30% dans ces deux catégories. Journaliste au Bleacher Report, Dan Favale, a tenu tout de même à rappeler que le pivot a encore des progrès à faire, et une santé à conserver :

« Il lui reste un risque de blessure, c’est quelqu’un sur qui les 76ers ne peuvent pas compter sur 70 matchs ou lors de back-to-back. Il est souvent maladroit encore avec le ballon : son taux de pertes de balle au poste est encore trop élevé, et il perd la balle sur presque 13% de ses drives, c’est la troisième pire statistique parmi 175 joueurs répertoriés ayant joué plus de 10 matchs. »

Restons lucides et laissons lui le temps de travailler sur ses lacunes. Lui souhaiter une santé de fer paraît évident, de peur de passer à côté d’une nouvelle potentielle grande carrière gâchée par les pépins physiques. Mais Embiid doit surfer sur la confiance qui lui portent son équipe et ses fans, mais aussi celle envers lui-même pour rester sur les rails. Cette première sélection au All-Star indique bien une chose : il y en aura d’autres à condition de travail. Le talent fait beaucoup mais le travail encore plus. En attendant, les Sixers ont une huitième place à conserver pour espérer retrouver les Playoffs et il semble qu’ils puissent compter sur Embiid qui devrait pouvoir tenter quelques back-to-back d’ici à début février.

Sources : Twitter, Instagram, Bleacher Report