14 avril 1962. Les Lakers et Celtics s’affrontent dans un match 5 déjà décisif des finales NBA, les deux équipes étant à égalité à 2-2 dans la série. C’est le soir choisi par Elgin Baylor pour entrer dans l’histoire de la ligue. De manière fracassante.

Il a joué à une époque où internet n’existait pas, et où les matchs n’étaient même pas diffusés. Pourtant, ceux qui l’ont vu à l’œuvre sont formels : Elgin Baylor a le pedigree des plus grands. Si Michael Jordan était la version moderne de Julius Erving, Julius Erving lui-même était la version moderne d’Elgin Baylor. Premier joueur à régaler les fans NBA par ses prouesses athlétiques, que ce soit ses dunks ou son fameux hangtime, l’ailier a passé 13 années en NBA, de 1958 à 1971, toutes aux Lakers. Le temps d’être rookie de l’année, 11 fois All-Star, et 10 fois dans la All-NBA First Team.

Scoreur dans l’âme, inventeur de l’eurostep à l’ancienne alors que Manu Ginobili n’était même pas encore né (c’est pour dire !), Elgin Baylor a connu son jour de gloire ce 14 avril 1962. Quatre ans seulement après sa draft, dans l’antre du Boston Garden, il inscrit la bagatelle de 61 points, à 22 sur 46 aux tirs et 17 sur 19 sur la ligne des lancers-francs. Il ajoute 22 rebonds à cette performance, dans ce qui constitue certainement la prestation la plus dominante dans un match des finales.

Il s’agit d’ailleurs d’un record NBA toujours d’actualité : aucun joueur n’a marqué plus de 61 points en finales NBA depuis cette performance il y a 57 ans. Et seul un joueur a dépassé cette marque en playoffs : un certain Michael Jordan, avec ses 63 unités en 1986, lui aussi au Boston Garden.

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Malgré un Bill Russell en double-double XXL (26 points et 29 rebonds), les Celtics ne peuvent ce soir-là que s’incliner face à Elgin Baylor. Les Lakers perdent pourtant les 2 matchs suivants et laissent le titre s’envoler aux mains de Boston, en route pour son impressionnante dynastie des années 60. C’est aussi ça, le paradoxe d’Elgin Baylor, loser magnifique devant l’éternel. Jamais champion malgré son immense carrière (les Lakers gagneront une bague l’année suivant sa retraite), jamais même meilleur marqueur de la ligue malgré une saison à plus de 38 points de moyenne… Il n’en demeure pas moins une légende absolue des Lakers, qui ont accroché son numéro 22 au plafond en 1977, et lui ont même consacré une statue devant le Staples Center courant 2018.

Parmi toutes ces marques de reconnaissances, et au milieu de ses plus de 23.000 points en carrière et nombreux faits d’armes, l’histoire retiendra en tous cas que c’est bien le 14 avril 1962 que le jeune Elgin Baylor a marqué la NBA d’une empreinte – toujours – indélébile.

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