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Eurocup – Qu’attendre de nos clubs français ?

L’Eurocup reprend dans un mois, le 2 octobre, et l’on se prépare déjà pour une nouvelle saison européenne. La France aura 3 représentants au sein de la deuxième coupe d’Europe : Monaco, l’Asvel et le Limoges CSP. Nos clubs peuvent-ils espérer une longue campagne ?

Nouvelle saison, nouveaux effectifs et nouvelles ambitions. Si le marché des transferts est passé par là, il faut tout de même dresser un bilan de nos équipes pour l’année passée.

Pour la troisième fois d’affilée, Monaco a terminé en tête du classement de la Jeep Élite. Sous les ordres de Zvezdan Mitrovic, l’équipe du Rocher a même atteint la finale du championnat, s’inclinant 3 à 2 contre le MSB. Pour Limoges, la saison fût compliquée mais le résultat en championnat est satisfaisant. Après la perte de son président, Fred Forté, au mois de décembre, le CSP a traversé une période difficile mais s’est accroché pour terminer à la quatrième place de Jeep Élite avec une demi-finale de Playoffs contre…. Monaco pour une série âpre et tendue (défaite 3-1). Un peu plus dans le dur, l’Asvel a alterné le bon et le médiocre la saison dernière : un effectif sans vrai point de fixation à l’intérieur, l’éviction de JD Jackson remplacé par TJ Parker (nomination qui aura fait couler beaucoup d’encre) pour terminer 6ème du classement et une élimination en quart-de-finale contre le futur vainqueur manceau (2-1).

Le championnat de France c’est bien mais sur la scène européenne, c’est comment ?

Nos trois clubs feront partie, à la rentrée, des 40 meilleures équipes d’Europe (16 en Euroleague, 24 en Eurocup). Pour se frotter aux autres écuries, il faudra de la solidité, de la régularité et une pointe d’expérience. S’il ne faut se référer qu’au passé récent de nos clubs en Coupe d’Europe (1993 est bien loin), les adversaires du CSP version 2018-2019 devront faire face à Beaublanc qui lui, connait parfaitement l’ambiance des grands soirs et ne l’a jamais oublié. Le CSP va entamer une deuxième année consécutive en Eurocup, tout comme l’Asvel. La saison passée, les deux équipes sont allé jusqu’au Top 16, tombant dans le même groupe lors de la deuxième phase. La Green Team de Tony Parker aurait même pu rejoindre les quarts avec un bilan de 3 victoires pour 3 défaites (1 victoire de moins que l’Unics Kazan). Une nouvelle fois, les deux équipes seront ambitieuses. Olivier Bourgain, le manager du CSP, l’a annoncé dans les colonnes du Populaire :

« Pour la Coupe d’Europe, le Top 16 est un but. Même s’il est haut, ce n’est pas grave. Il faut avoir des objectifs élevés pour réaliser de belles saisons.« 

Pour l’Asvel, l’objectif est tout autre et le club affiche encore plus d’ambitions afin de préparer l’avenir en Euroleague :

« Sur le terrain, nous allons ambitionner de faire mieux que la saison dernière (Top 16). En coulisses, nous utiliserons cette saison pour augmenter encore notre niveau d’exigence en vue de notre volonté future de participer à l’Euroleague » Gaëtan MULLER président délégué de l’Asvel.

Dans la principauté, l’équipe du nouveau coach, Sasa Filipovski, prépare sa toute première campagne d’Eurocup mais n’est pas là pour faire de la figuration. Après deux Final Four en deux ans en Champions League (défaite en Finale la saison dernière), la Roca Team vise haut :

« Le club se bat pour des objectifs élevés. Dans les deux compétitions (Jeep Elite, Eurocup), on vise les médailles […] En Eurocup, on veut représenter les couleurs de Monaco de la meilleure des manières et présenter un beau basket » Sasa Filipovski.

Des clubs ambitieux mais loin de l’expérience des cadors !

Si l’Histoire des clubs est importante, rien ne remplace la vérité du terrain. Nos clubs français s’avancent en Eurocup avec des effectifs peu expérimentés face aux grosses écuries de la compétition. Quelques explications en chiffres, avec le nombre de matchs de Coupe d’Europe (Euroleague/Eurocup) disputés par les joueurs des différentes équipes :

  • Monaco – 273 matchs
    Jones (5), Hummer (4), Sy (64), Lacombe (73), Cooper (16), Kikanovic (69), Joseph (15), Robinson (19), Ouattara (8)
  • Asvel – 610 matchs
    Maledon (2), Kaba (15), Slaughter (79), Kalnietis (197), Noua (15), Sow (1), Bilan (87), Jean-Charles (20), Nelson (88), Lighty (46), Briki (1), Kahudi (59)
  • Limoges – 204 matchs
    Hardy (32), Rousselle (16), Jaiteh (42), Samuels (76), Howard (18), Bouteille (20)

C’est loin, voire très loin des équipes qui vont viser le titre cette saison. En effet, en comparaison avec 4 prétendants au titre, l’écart est assez énorme. L’Étoile Rouge de Belgrade (936), Valence (environ 1200) ou Malaga (948), qui descendent d’Euroleague ont des effectifs incomparables avec ceux de nos clubs français, tant sur le plan de la qualité que des salaires ou de l’expérience. A lui seul, Stratos Perperoglou, le nouvel ailier de Belgrade a disputé 230 matchs en Coupe d’Europe dont 209 en Euroleague. De nos trois équipes, seul Mantas Kalnietis peut se vanter de dépasser les 100 rencontres européennes. Un renfort intéressant et logique pour l’équipe lyonnaise. Le Lokomotiv Kuban (907), adversaire du CSP en phase de groupe et finaliste la saison dernière possède un effectif taillé pour l’Euroleague.

Les vacances de nos clubs français !

Le mercato n’est pas encore terminé mais les équipes, en pleine préparation, ne devraient plus bouger avant le début de la saison. Pour l’ASM et l’Asvel, les principaux changements sont d’abord au poste de coach puisque Zvezdan Mitrovic passe de Monaco à… l’Asvel et Sasa Filipovski arrive dans la principauté en provenance de Banvit (Turquie). Les deux équipes ont privilégié la stabilité avec seulement 4 arrivées pour Monaco (Hammer, Barry, Jones et Needham) et 3 pour l’Asvel (Kalnietis, Bilan, Jean-Charles).

« Monaco a très bien joué la saison dernière. Je me suis dit qu’il fallait conserver un maximum de joueur. Il y a très peu de nouveaux noms » Sasa Filipovski.

Le chantier a été plus important du côté de Beaublanc avec 6 arrivées (Hardy, Perrantes, Miles, Doumbouya, Rousselle, Boutsiele). Le club tenait à consolider sa base de JFL et s’est même permis de remporter la bataille pour la nouvelle pépite du basket français, Sekou Doumbouya (17 ans). L’équipe aura besoin de temps pour être prête :

« Les joueurs doivent travailler encore plus pour être prêt physiquement et collectivement. Je n’ai mis que 20% des choses que je souhaite mettre en place. On a du talent à tous les postes et nous pouvons aussi devenir une équipe dangereuse défensivement avec les différents profils de joueurs que nous possédons » Kyle Milling pour le Populaire

Le Top 16, un minimum ou un objectif ?

On l’a vu, nos équipes affichent de l’ambition et, au vu des propos tenus, le Top 16 de l’Eurocup est l’objectif pour Monaco, Limoges et l’Asvel. Pour rappel, voici les adversaires de nos représentants :

Monaco – Groupe A avec l’Étoile Rouge (Serbie), Galatasaray (Turquie), Brescia (Italie), Andorre (Espagne), Ulm (Allemagne)

Asvel – Groupe C avec Trento (Italie), Partizan Belgrade (Serbie), Turk Telekom (Turquie), Valence (Espagne), Zénith Saint-Pétersbourg (Russie)

Limoges – Groupe B avec l’Alba Berlin (Allemagne), Gdynia (Pologne), Cedevita Zagreb (Croatie), Lokomotiv Kuban (Russie), Tofas Bursa (Turquie).

Les groupes seront costauds et, sur le papier, Monaco devrait se battre avec Brescia et Ulm pour le quatrième spot du groupe, l’Asvel avec le Turk Telekom et Trento. Le CSP semble naviguer dans un groupe un peu plus complet et donc plus indécis, avec des équipes comme Berlin, le Tofas Bursa ou le Cedevita comme adversaires directs. Le Lokomotiv Kuban semble au-dessus du lot et Gdynia légèrement en dessous.

Ensuite ? Ensuite, il faudra terminer à l’une des deux premières premières places des groupes E, F, G ou H pour rallier les quarts. Dès la première phase, il faudra affirmer ses ambitions par de bons résultats à la maison et faire des coups, que ce soit à l’extérieur ou contre des adversaires d’un autre standing.

Bilan !

Difficile de se prononcer clairement sur ce que peuvent faire nos équipes françaises en Eurocup à ce stade de l’année. Inutile de jouer les madame Irma en se prononçant sur une quelconque réussite ou non de nos bleus. Cependant une tendance se dégage. Si l’expérience manque cruellement, notamment pour le CSP, le Top 16 est l’objectif à atteindre. La stabilité pourrait permettre à l’Asvel et Monaco de valider cette étape. L’Asvel n’a pas le droit de se louper une nouvelle fois et ce, malgré la jeunesse de certains éléments (Briki, Maledon, Sow, Noua, Kaba). Pour Monaco, l’apprentissage du très haut niveau européen va devoir vite se faire au sein d’un groupe composé d’habitués de la compétition à l’exception de Brescia. Sur le papier, l’Asvel est probablement l’équipe qui peut rejoindre les quarts avec des éléments comme Mantas Kalnietis et Miro Bilan qui doivent montrer le chemin au groupe de Zvezdan Mitrovic. Limoges pourrait briller grâce à ses français mais aussi au duo Hardy-Samuels. Enfin, Monaco pourrait surprendre grâce à son vécu collectif et une préparation intense et tournée vers l’Europe (Darussafaka, Anadolu, Sassari, CSKA, Zalgiris, Tofas, Banvit).

Le compte à rebours est lancé pour nos clubs français. Il faudra jouer le coup à 100% afin d’imiter le Darussafaka de la saison dernière avec une expérience de 483 matchs dans son effectif, mais un géant au coaching (David Blatt). A l’instar de la coupe du monde de football, il ne faudra pas forcément développer le plus beau jeu, mais être efficace et même chirurgical.

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