Alors que Frank Ntilikina s’apprête à entamer sa deuxième saison du côté de New York, nous avons discuté avec Ryan Punzalan, rédacteur en chef du compte américain The Knicks Wall. L’occasion de parler de la franchise, mais aussi et surtout de notre Frenchie et de la vision que les Américains en ont.

Parlons Basket : Il est difficile d’être fan des Knicks depuis plusieurs années, avec des échecs répétés qui ne collent pas au pedigree du club. Comment garder la foi ?

Ryan Punzalan : Honnêtement ? Je ne sais pas. Les Knicks ont été plutôt hideux durant la majorité de ma vie, et pourtant je ne peux pas m’arrêter de les aimer. Ils sont mauvais, mais ils sont bons à être mauvais. Et quand ce n’est pas le cas, il y a toujours un joueur ou un coach autour duquel tu te mets à graviter. Dans les années 1990, on avait les équipes Pat Riley et Jeff Van Gundy qui avaient d’immenses rivalités et des runs très intenses en playoffs. Les années 2000 ont été une succession de mauvais contrats, mauvaises équipes et mauvais management, mais les fans venaient voir Stephon Marbury et Wilson Chandler planter des points. Et puis il y a l’incarnation actuelle des Knicks, qui est enfin appréciable dans son ensemble. Les fans des Knicks gardent la foi en trouvant un truc qui les fait tenir, et je sais que j’ai dû faire ça pendant ces 30 dernières années.

A l’évidence, les Knicks sont en mode reconstruction autour de jeunes joueurs. Es-tu optimiste concernant le futur ? Si oui, est-ce le plus optimiste que tu ais été depuis longtemps ?

Pour la première fois depuis un bon moment, je peux honnêtement dire que je suis optimiste pour le futur. Il y a une énorme différence entre cette équipe actuelle et les précédentes : la culture. En ajoutant David Fizdale et le duo Scott Perry/Steve Mills, il y a une impression de confiance et d’assurance qu’il n’y avait pas eu depuis très, très longtemps. Je sais qu’il y a une différence entre les actions et les actes, mais dans l’état actuel, le front office a dit et fait les bonnes choses, et a garanti qu’il allait continuer à les faire.

Un des jeunes joueurs sur lesquels les Knicks veulent s’appuyer est Frank Ntilikina. Je sais que tu es un grand fan de ce joueur. A ton avis, où en est-il actuellement dans sa progression ? Te rappelle-t-il un autre joueur ?

J’adore totalement Frank Ntilikina, et j’en suis fan depuis que les Knicks l’ont drafté. A cet instant, il laisse entrevoir la possibilité d’être un joueur au-dessus de la moyenne en attaque, avec bien sûr des qualités défensives d’élite. La saison dernière, coach Jeff Hornacek ne voulait d’abord pas tanker et il a fait jouer Jarrett Jack et Ramon Sessions, ne donnant que des minutes sporadiques à Ntilikina durant la première partie de la saison. Une petite blessure de Frank n’a pas aidé, mais c’est surtout ce manque d’opportunité ainsi que l’éclosion de Trey Burke qui ne ont retardé son développement. Cela étant, il a toujours été exceptionnel en défense et a montré qu’il était capable de faire deux ou trois belles actions en attaque. Maintenant, c’est certain qu’il va être l’une des pièces majeures de cette attaque pour les temps à venir, et il a besoin d’être confiant pour shooter. S’il peut mettre les jump shots que les défenses lui donnent, il pourra davantage créer à partir de son dribble, ce qui lui permettra de trouver des bons tirs à ses coéquipiers ou même d’être plus agressif et d’attaquer le cercle.

S’il y a un joueur qu’il me rappelle, ce serait Avery Bradley. Si je ne me trompe pas, Bradley, dans ses premières saisons à Boston, avait du mal à trouver son jeu offensif, mais il était un très bon défenseur. C’est seulement dans sa troisième ou quatrième saison qu’il est devenu un tireur d’élite et un all-around player.

Comment est-ce que les Etats-Unis perçoivent Frank ? Et comment les fans des Knicks le voient-ils ? J’ai l’impression qu’il est plutôt populaire dans votre fanbase. 

J’ai encore l’impression que Frank est relativement inconnu en dehors de New York. Il n’a pas eu tant d’exposition que cela dans les gros matchs, à part son accrochage avec LeBron James. Hormis ça, il n’a pas eu les minutes pour briller dans les grandes occasions. Après, les fans des New York se divisent en deux catégories au sujet de Frank : soit ils l’adorent (comme moi), soit ils pensent qu’il n’est rien de plus qu’un bon défenseur. On a pas mal de réactions négatives quand on poste TROP de trucs sur Frank, mais il y a aussi beaucoup de monde qui adore tout notre contenu pro-Frank. C’est ça qui est fou avec les fans des Knicks : ils sont extrêmement passionnés dans leurs opinions et font tout pour les partager avec d’autres fans.

Selon toi, quel est le niveau maximal que Frank peut atteindre dans cette ligue ?

Dans un monde idéal, ce serait Chris Paul, mais ce serait injuste pour Chris Paul (rires). C’est une question difficile car je pense que personne ne sait vraiment où se situe la limite de Frank. Il sera toujours un défenseur d’élite, et on sait qu’il peut scorer de différentes manières – il n’a juste pas eu l’occasion de le faire. Si je devais me prononcer, à l’instant T, ce serait un joueur solide comme Avery Bradley. J’adorerais que Frank soit un monstre offensif qui devienne un joueur type Eric Bledsoe, mais il n’a pas encore l’agressivité offensive pour atteindre ce niveau.

En tant que Français, on souhaite le plus grand succès possible à Frank Ntilikina. Certains le voient comme le successeur de Tony Parker (pas au niveau de son style de jeu mais plutôt par sa précocité et son potentiel). Tu penses qu’il est capable d’assumer cette comparaison ?

En l’état actuel, je n’irai pas jusqu’à Tony Parker, mais plutôt un joueur comme Nicolas Batum, un joueur solide et qui a un vrai impact. Comme je l’ai dit, Frank devra faire davantage offensivement pour se projeter dans une conversation d’excellence aux côtés de Tony Parker. Parker était un playmaker doué et un très bon tireur à mi-distance. A l’instant T, je n’ai pas vu assez de Frank pour l’envisager au niveau de TP, mais il en est capable s’il progresse rapidement.

Enfin, à part une convalescence réussie pour Kristaps Porzingis, que peut-on souhaiter aux fans des Knicks ?

Tous les fans des Knicks doivent espérer que Ntilikina, Kevin Knox et Mitchell Robinson développement une alchimie durant la saison. Et quand un Porzingis en pleine forme reviendra, on saura si ces 4 sont les piliers de la franchise avant le gros été 2019. Tous les signes de progrès pendant la saison seront une bonne nouvelle, et si Ntilikina arrive à créer une dynamique positive avec ces joueurs, les fans des Knicks peuvent s’attendre au retour du succès plutôt rapidement.

Vous pouvez suivre The Knicks Wall et leur excellent contenu en cliquant ici. De la bonne humeur, des extraits de match, des analyses, et beaucoup d’amour pour Frank vous y attendent.

Vous pouvez également retrouver la liste des tous les Français en NBA en cliquant ici.