À New York, les victoires se font très rares cette saison. Alors forcément, quand en plus on ne joue pas autant qu’on le souhaiterait, rien ne va. Et Enes Kanter ne se prive pas pour le dire.


Depuis la grave blessure de Kristaps Porzingis en février dernier, les Knicks font face à un véritable casse-tête dans la peinture. Arrivé dans la Big Apple la saison dernière en provenance du Thunder, Enes Kanter aurait pu trouver en la blessure de son coéquipier letton une parfaite occasion pour assurer l’intérim en tant que titulaire, surtout après une bien belle pré-saison. En vain. Le Turc fait aujourd’hui office de role player et voit le rookie Mitchell Robinson lui chiper la vedette dans le 5 majeur.

Le pivot a certes pu profiter de 38 minutes de jeu sur le parquet hier lors de la défaite face au Magic (117-131), il n’en restait pas moins remplaçant. Lors du match précédent, face à New Orleans (défaite 129-124), Kanter n’avait cette fois-ci pu bénéficier que de 15 minutes de jeu, ce qui l’avait profondément agacé. Une frustration qu’on avait pu entrevoir sur son compte Twitter à la suite d’un tweet énigmatique.

Kanter peut se vanter d’être le meilleur rebondeur de son équipe avec une moyenne de 11.7 rebonds par match, mais il s’agit d’une différence de conception. Les Knicks sont en pleine reconstruction, et David Fizdale assume de vouloir son effectif de départ dirigé par ses trois rookies, dont le jeune pivot Mitchell Robinson, afin d’engranger de l’expérience pour le futur :

« J’essaie d’équilibrer les choses. Ce sont des décisions difficiles à prendre. Mais nous savons qu’en fin de compte, la chose la plus importante cette saison, c’est le développement. On ne peut rien mettre au-dessus de ça. J’essaie de respecter tous les gars et la situation dans laquelle ils se trouvent, mais notre priorité numéro un, c’est le développement de nos joueurs. »

En marge de la défaite face aux Pelicans, Kanter a été interrogé sur sa vie de role player cette saison. Une question vite expédiée par le turc :

« Question suivante, s’il vous plaît. Question suivante, s’il vous plaît. »

Autre question, sur le développement des rookies cette fois, et même réponse expéditive derrière un sourire agacé :

« Question suivante, s’il vous plaît. Tu sais déjà mes réponses à ce sujet. Je ne sais pas pourquoi tu continues à me poser ce genre de questions »

Si Fizdale doit gérer au mieux un roster qui ne demande qu’à enchaîner les minutes sur le parquet, il doit surtout composer avec la jeune génération. Une génération qu’il estime prometteuse pour l’avenir :

« J’essaie d’avoir de l’empathie pour mes vétérans et de m’assurer de leur donner suffisamment de temps de jeu, pour qu’ils continuent d’être efficaces, pour aider au mieux l’équipe et aussi pour eux. Je prends la situation à cœur. Ils jouent pour gagner leur vie, pour leurs contrats. C’est très important pour moi. Et je comprends totalement. J’essaie de garder un bon équilibre, je garde cela à l’esprit et j’essaie de les mettre dans les meilleurs conditions pour qu’ils puissent aller chercher un meilleur contrat. »

Une solution qui ne devrait pas tarder à trotter dans la tête de Kanter. À trop cirer le banc, ce dernier pourrait être tenté d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

En attendant, le pivot turc devra prendre son mal en patience et devra jouer pleinement sa chance à chaque sortie de banc. David Fizdale est prévenu, son vétéran a les crocs, et ne lâchera pas comme ça.

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