Le coach nonuple champion d’Europe a tenu une interview pour le site de l’Euroleague. Il y aborde l’importance d’avoir une équipe soudée et concentrée. Un petit cours de gestion de groupe par le maître à penser Obradovic.


Zeljko Obradovic (58 ans) n’est plus à présenter. Illustre coach en Europe, le cerveau du Fenerbahçe Istanbul n’a plus rien à prouver sur le vieux continent (9 Euroleague). Il s’est confié au site de l’Euroleague,et parle de sa philosophe pour diriger une équipe. Une marque Made In Obradovic, qui a notamment donné envie à Joffrey Lauvergne de le rejoindre en Turquie. A l’instar d’un Gregg Poppovich, Obradovic prend soin de ses joueurs.

« Lorsque je traite avec mes joueurs, il y a une chose importante à ne pas oublier : nous sommes tous des êtres humains. J’essaie de leur montrer du respect. Ils savent que s’ils ont un problème avec quoi que ce soit dans leur vie, je suis là pour les aider. Les meilleurs amis que j’ai dans la vie ce sont mes joueurs. Nous vivons tellement d’heures ensemble et il est impossible que ça se passe autrement. Pour cette raison, j’aime écouter mes joueurs et avoir des conversations avec eux à propos de tout. »

Gérer un groupe est bien compliqué pour tout coach, même dans le monde amateur. Imaginez lorsque vos 12 guerriers sont des stars en Europe ?

« En tant qu’entraineur, vous devez connaitre vos joueurs et savoir comment réagir en fonction de toutes les situations. Étant sur le banc, vous devez comprendre comment sont vos joueurs. Ce sont 12 personnes différentes qui réagissent différemment à une même situation. Vous allez peut-être devoir être dur avec l’un et parler d’une toute autre manière à l’autre. Ce qui est important au bout du compte, c’est qu’ils comprennent que tout ce que je veux, c’est qu’ils soient meilleurs et que l’équipe soit meilleure ».

Vous l’avez peut-être déjà aperçu sur les réseaux sociaux, Zeljko Obradovic peut parfois se mettre en colère. Pour lui, rien de méchant, bien au contraire…

« Notre travail est stressant. Nous devons réfléchir très vite et prendre rapidement des décisions, joueurs comme entraineurs. Je sais que, parfois, je franchi la ligne. Je le sais. Mais quand je le fais, je n’ai aucun problème à venir m’excuser. Je dis au joueur « Ok, j’ai fait un faux pas, ou j’ai dit quelque chose de pas correct. Tu me connais et tu sais que je ne l’ai pas fait exprès. C’était juste sur le moment », puis je m’excuse […] Mes joueurs connaissent mon caractère. Je suis très direct et ils savent que je veux qu’ils se donnent à 100% à chaque moment que ce soit aux entrainements ou aux matchs. Il n’y a aucune excuse pour ne pas le faire. Si quelqu’un ne se donne pas à 100%, je suis très franc avec eux. »

Le coach du Fenerbahçe utilise beaucoup la vidéo. Pour lui, il faut montrer aux joueurs leurs erreurs, afin qu’ils puissent mettre de côté les réponses du type « Oui…mais… » et accepter l’évidence. Grâce à ça, il les prépare à ne pas reproduire deux fois la même erreur et avoue parler directement à son banc lorsqu’un joueur sur le terrain fait une mauvaise action, pour éviter que cela ne se reproduise lors d’un changement.

Parler de Zeljko Obradovic revient à parler de ses équipes. Un mot d’ordre : le collectif :

« Il y a toujours une ligne directrice que ne doit pas être franchie : ne soyez pas égoïste. Les joueurs qui veulent faire quelque chose de bien pour eux doivent aussi le faire pour l’équipe. Si je vois un joueur égoïste, je réagis immédiatement. Soit le je le sors du jeu (lors d’un match) ou je coupe l’entraînement. Chaque joueur doit savoir que dans mon équipe, être égoïste est impossible. Je suis très clair à ce sujet. Au début de chaque saison, je vais m’asseoir avec mes joueurs et je leur dis : « Les gars, nous avons des règles. Nous devons être une équipe, penser de la même manière et être sur la même page. Si vous avez un problème avec ça, la porte est là-bas. » C’est très simple mais en début de saison c’est crucial ».

En conclusion, le serbe pose une très bonne question qui mérite réflexion :

« Pourquoi jouez-vous au basket ? La réponse devrait être : l’équipe. Toujours l’équipe ».

Vous pouvez retrouver ci-dessous un reportage complet sur le Obradovic :

Une vraie leçon de la part d’une légende du coaching. Zeljko Obradovic construit ses équipes avec la même envie, le même sens du sacrifice et du travail. Il n’oublie cependant pas la clé essentielle au succès : l’Homme.

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A propos de l'auteur

Rédacteur pour Parlons Basket. À laissé tomber la balle d'entre ses mains pour y mettre un clavier. Fan du Spurs basketball et du jeu européen (Euroleague, Eurocup, ABA League...). À des troubles du comportement à chaque passe de Teodosic.