Alors qu’il aura 35 ans le 30 décembre prochain, LeBron James ne décline pas de manière significative dans ses performances sur le terrain. Ce qui est remarquable comparé au déclin classique des joueurs NBA.

Le débat autour de l’âge auquel un joueur NBA atteint son prime revient souvent, et les réponses diffèrent beaucoup. Il faut en effet prendre en compte beaucoup de facteurs qui peuvent influer sur les performances d’un joueur. Celui qui saute immédiatement aux yeux est l’âge. Un joueur sera forcément moins performant à la fin qu’au début de sa carrière. Pour David Berry et Rob Simmons, qui ont enquêté sur le sujet, c’est à 26 ans que le pic de performance est atteint.

Rob Simmons et moi-même [David Berry] avons publié un papier qui étudiait l’impact de divers facteurs sur la performance en NBA. L’âge était un de ceux-là, et nous avons trouvé que la performance d’un joueur tend à atteindre son pic autour de 26 ans. Après, les joueurs commencent à décliner : doucement au début puis de manière abrupte par la suite.

HoopsHype a recherché l’âge moyen des joueurs nommés dans les 3 équipes All-NBA à la fin de chaque saison. Ils ont réalisé un graphique à partir de leurs résultats.


Sur le graphique, on peut voir que la majorité des moyennes se situe dans la fourchette 27 ans-28.5 ans, et il n’y a que deux ans (1997 et 1998) où la moyenne d’âge dépasse les 30 ans . D’après HoopsHype, l’âge moyen d’un sélectionné All-NBA est de 27.7 ans. HoopsHype remarque également que les sélections All-NBA après 30 ans ne représentent que 24% des joueurs, et même 21.1% depuis 2000-2001.

Il y a évidemment des dinosaures faisant de la résistance, en utilisant d’autres moyens pour lutter contre leur déclin, comme l’hygiène de vie ou l’éthique de travail. Ainsi, Tim Duncan et Kareem-Abdul Jabbar ont tous les deux été All-NBA à 38 ans (1ere pour Jabbar en 1986 et 3eme pour Duncan en 2015). Arrive maintenant LeBron James. L’ailier des Lakers, 34 ans depuis le 30 décembre dernier, ne semble pas affecté autant que les autres par ce déclin inévitable.

Dans un article paru en décembre 2017, Kevin Pelton d’ESPN a analysé le pourcentage individuel de victoires de James par saison, en saison régulière et en playoffs.

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Cette courbe est assez classique. Mis à part le trou qui correspond à la saison 2010-2011 (la première de James à Miami), James réalise ses meilleures saison entre 24 et 28 ans. On voit qu’il atteint son pic peu avant 27 ans, et qu’il décline, certes doucement, ensuite. Mais c’est lorsque l’on ajoute les playoffs que le résultat est intéressant.

Note : la saison régulière est en bleu et les playoffs sont en rouge

On constate qu’à l’exception évidemment de la saison 2018-2019, où James a malgré tout tourné en 27-8-8 malgré l’absence de playoffs par la suite, les performances du King en post-season sont beaucoup plus stables ces dernières années que celles en saison régulière (si l’on excepte 2014-2015). On peut même voir un renversement sur les dernières saisons, où l’ailier est meilleur en playoffs, avec des niveaux de performance qui montrent un déclin beaucoup moins rapide que prévu.

Bien sûr, si James sentait qu’il pouvait jouer à son niveau en playoffs sur 82 matchs, il l’aurait fait. Néanmoins, cela suggère que le déclin relatif à l’âge de James est plus complexe que ce que la courbe de ses performances en saison régulière laissait paraitre. (Kevin Pelton)

Kevin Pelton en rajoute une couche sur le fait que le déclin de James n’est pas comme les autres.

Même une courbe avec un déclin aussi faible que celle que James pendant la saison régulière deviendra plus raide quand le joueur ira sur ses 35 ans. Cela rend d’autant plus surprenant le fait qu’au lieu de décliner nettement, James a au contraire pris l’autre direction en 2017-2018. Son pourcentage individuel de victoires actuel, de 79.6% est le plus haut de la NBA, et cela serait sa meilleure marque depuis 2012-2013, sa dernière saison MVP alors qu’il avait 28 ans.


Il avait été révélé en 2016 que James dépensait 1.5 million $ par an pour son corps, ce qui explique en partie sa longévité à ce niveau. Pour Kevin Pelton, ces nouveaux moyens ont permis un allongement de la durée du prime des joueurs, ce qui réduit quelque peu leur déclin. En résumé, James est sur le déclin, mais résiste mieux que quiconque. Peu de joueurs ont été considérés comme les meilleurs de la NBA à 34 ans, ce qui est d’autant plus remarquable.

Comme le dit l’expression, Dame Nature est invaincue. Mais James la fait transpirer. Pour autant, pour être clair, il n’est plus le joueur qu’il était à son apogée car sa valeur défensive n’est pas aussi élevée. » (Kevin Pelton)

La saison passée, le King a connu la blessure la plus sévère de sa carrière. À voir si elle ne sera pas le facteur qui fera définitivement décliner James, qui a déjà résisté bien au-delà des normes physiques. Vous en voulez la preuve ? Demandez à ses camarades de la Draft 2003 :

Cyborg direz-vous ? Possible. Une chose est certaine : LeBron James traverse les étapes du vieillissement humain avec une aisance glaçante. La légende est en marche.

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