Lors de la Journée olympique, ce 23 juin, nous avons discuté avec Florent Pietrus. Champion d’Europe 2013 avec les Bleus, triple champion de France, il s’est confié sur son immense carrière et sa quête de challenge, à maintenant 38 ans.


Bonjour Florent, comment vas-tu ? 

Bonjour. Ecoute, ça va très bien en cette belle Journée olympique.

Alors, tu as maintenant 38 ans et ton contrat avec Strasbourg s’achève le 30 juin. Que vas-tu faire la saison prochaine ? 

En effet, mon contrat se termine la semaine prochaine. Je cherche vraiment un bon projet sportif, avec beaucoup de challenge, car j’aime ça. Pour le moment, je prends le temps de savoir ce que je vais faire après. Alors pourquoi pas continuer avec la SIG, mais je reste vraiment ouvert à tout. Comme j’ai dit je cherche vraiment un challenge, pour profiter et prendre du plaisir sur mes deux dernières années de carrière. 

Donc, tu penses faire encore deux années avant la retraite ? 

Franchement, rien n’est clairement établi. Je peux très bien arrêter maintenant tout comme je pourrais partir sur deux années supplémentaires. Je ne me prends vraiment pas la tête à savoir si je vais retrouver un club. Pour le moment, je veux profiter de mon temps libre pour évacuer cette saison qui n’a pas été fameuse (éliminé en 1/4 de finale par Dijon, ndlr). Donc, je me repose et je prendrai une décision après l’été. 


Du coup, parlons de ton après-carrière. On sait que Tony Parker se reconvertit en président du LDLC ASVEL, lance son académie… De ton côté, quels sont tes projets pour l’après-carrière ? 

Franchement, je prendrais déjà quelques bons mois de repos pour faire le point sur toute ma carrière. J’en ai besoin. Après, je compte aussi m’investir dans le basket donc j’aimerais partir sur une formation de directeur sportif. C’est la voie qui m’attire le plus à l’heure actuelle. Enfin, je ne me ferme pas de portes et je verrais comment je ressens les choses. 

Dans l’épisode de “Deux Nuits Avec…” qui t’est consacré sur YouTube, Vincent Collet compare ton énergie et ton intensité à celles d’un junior. Alors dis-nous, quel est ton secret ?

Ah ça, je ne peux pas le dire, sinon il n’y a plus de secret. (rires) Non, plus sérieusement, la clé est l’hygiène de vie. Elle doit être irréprochable, surtout à 38 ans. Même lors des jours de repos, je ne peux pas me permettre de ne rien faire donc je vais souvent en salle de muscu’. Ça me permet de renforcer mon corps afin de pouvoir tenir le cap sur saison entière. 

Tu es déjà très engagé dans le monde associatif, notamment avec Les Etoiles du Sport. Qu’est-ce qui te motive à participer à ces actions ? 

Le partage. Je pense que c’est important de partager ses expériences, de donner aux jeunes tous les outils nécessaires pour le haut niveau. C’est ce que j’aime faire : parler, échanger avec les gens. Je le fais avec beaucoup de plaisir. Je pars d’ailleurs en Martinique [cette semaine] dans la même logique de partager avec les plus jeunes. 

Justement, tu aimes bien parler sur le terrain, mais dans un autre registre. Le trash-talking c’est important pour toi ? 

Le trash-talking fait partie du jeu. Après, moi spécialement, j’ai besoin du trash-talking sur le terrain. Il me faut cette dose d’excitation pour donner le meilleur de moi-même. C’est clair que ça fait partie des choses qui me boostent. Bien sûr, il n’y a jamais d’insultes ou de manque de respect, mais j’aime beaucoup chambrer mes vis-à-vis, pour rentrer dans leur tête. 


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Parlons des meilleurs souvenirs de ta carrière. D’abord en Equipe de France, quel moment t’a le plus marqué ? 

Forcément, l’Euro 2013 avec le titre au bout. Mais pour le moment qui m’a le plus marqué, je dirais la demi-finale contre l’Espagne. C’est le match qui a été le plus éprouvant nerveusement pour nous. En première mi-temps on ne donnait pas cher de notre peau (34-20 pour la “Roja” à la pause, ndlr) mais on a pu trouver les ressources nécessaires pour revenir, notamment avec le super discours de Tony [Parker] dans le vestiaire. C’est l’un des matches les plus importants dans l’histoire de l’Equipe de France. Après ce match, on était sûrs de gagner le titre.

Et maintenant, ton meilleur souvenir en club ? 

Je dirais mon premier titre de champion de France avec Pau (en 2001 contre l’ASVEL, ndlr) parce que c’est là que tout a débuté pour moi. En plus, nous étions outsider en début de saison, et ça rajoute de la saveur. Voilà, ca reste un très bon souvenir, car c’est mon premier titre de champion de France, donc tu t’imposes vraiment dans le monde pro. 


Cette saison, tu as affronté Limoges et Sekou Doumbouya. Il vient d’être drafté en NBA, à Detroit. Comment vois-tu son futur ? 

Je suis sûr qu’il a un très bel avenir devant lui. Déjà, s’il est arrivé en NBA, c’est qu’il a du talent et qu’il a beaucoup travaillé. Maintenant, le plus dur n’est pas d’arriver là-bas mais d’y rester et d’y performer. Donc, il faut qu’il continue à cravacher pour progresser et développer son talent. Je ne peux que lui souhaiter le meilleur, car je sais qu’il y a énormément de travail derrière cet accomplissement… 

Nous remercions Florent Pietrus pour sa disponibilité et son sourire. 

(Interview réalisée lors de la Journée Olympique, dimanche 23 juin)