Il y a ceux qui restent en NBA plusieurs années, parfois mêmes plusieurs décennies. Et il y a JamesOn Curry, dont le nom ne vous dit sûrement rien. Il détient pourtant le malheureux record de la plus courte carrière de l’histoire de la ligue.

Robert Parish, Dirk Nowitzki, Kevin Garnett, Kevin Willis, Vince Carter. A l’heure actuelle, ces 5 joueurs sont les co-détenteurs du record du plus grand nombre de saisons jouées, 21 pour être précis. Vinsanity va s’emparer seul de la première place dans quelques semaines, lorsqu’il débutera sa 22ème saison.

Ces monstres de longévité sont aussi des monstres de rareté : en NBA, la durée moyenne d’une carrière est de 4.9 ans. Une moyenne évidemment tirée vers le bas par les nombreux joueurs en two-way contract, ceux qui viennent de G-League ou même partout dans le monde, et qui repartent après quelques mois ou petites années. Une moyenne faible, donc, qui permet aussi de se rappeler de la difficulté à perdurer dans une ligue aussi exigeante. Et personne ne le sait mieux que JamesOn Curry.

Mais d’abord, qui est JamesOn Curry ? Vous n’avez sûrement jamais entendu parler de lui, et c’est normal. Phénomène en high school où il tourne à 40 points, 7 rebonds et 6 passes de moyennes, le natif de Caroline du Nord rejoint l’université d’Oklahoma State en 2004.

Pénalisé par une affaire de vente et de consommation de drogue à sa sortie du lycée qui lui vaut une réputation entachée, Curry n’est drafté qu’avec le 51ème choix en 2007, par les Bulls de Chicago. Coupé peu de temps après, il passe une première fois par la D-League puis par Pau-Orthez, où il ne convainc pas.

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Curry retourne alors en D-League, et le 22 janvier 2010, le coup de téléphone arrive : les Clippers signent le joueur pour un contrat de 10 jours. 3 jours plus tard, Los Angeles affronte le grand Boston de Garnett, Rondo et Pierce. A la fin du 3ème quart-temps, le ballon sort, et 3.9 secondes restent au chrono.

Le head coach Mike Dunleavy se tourne vers son banc : l’heure de JamesOn Curry est venue. Le joueur entre, dispute les infimes secondes en défendant sur Rondo, et retourne s’asseoir. Il ne jouera plus jamais en NBA. Après le match, pourtant, l’optimisme est de mise :

C’était les 4 secondes les plus rapides de ma vie ! J’aurais aimé que ça dure plus longtemps. Sur le terrain, je me sentais à ma place, je sentais que c’était ma maison.


Quelques heures plus tard, les Clippers coupent Curry pour acquérir Bobby Brown. Le joueur retourne alors en D-League, passe par le Vénézuela, l’Italie, revient aux Etats-Unis puis raccroche les sneakers.

Après de nouveaux soucis judiciaires liés à la possession de substances illicites, Curry a aujourd’hui remis de l’ordre dans sa vie et a commencé à coacher. Quant à ce fameux épisode du 25 janvier 2010, il préfère s’en amuser au micro d’ESPN :

Si vous y réfléchissez, je suis sûrement le joueur le mieux payé à la seconde de l’histoire de la NBA !

Une drôle d’histoire, comme la NBA en regorge. S’il n’a pas eu la carrière à laquelle il aurait pu prétendre, JamesOn Curry pourra en tout cas raconter à ses petits enfants au coin du feu que oui, il a joué en NBA.

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