NBA – Quand Michael Jordan ordonnait son changement de poste et devenait inhumain

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Prêt à tout pour gagner, Michael Jordan décidait de changer de poste à la fin des années 1980. L’expérience fut brève, mais hallucinante en termes de statistiques.

Printemps 1989. Voilà 5 ans que Michael Jordan est dans la ligue, et 5 ans qu’il bute sur la concurrence à l’Est, trop esseulé dans le roster de Chicago. Après une saison précédente bouclée au-delà de la barre symbolique des 50 victoires, les Bulls affichent un bilan mitigé de 34-24 à l’aube de la dernière ligne droite.

Un match test les attend rapidement : un déplacement au Boston Garden chez des Celtics vieillissants. Larry Bird est out, de même que Jordan, qui profite de l’occasion pour voir si les joueurs autour de lui ont le cran et le talent pour élever leur niveau de jeu. Raté, et victoire facile de Boston. MJ en a assez vu.

Le lendemain, il se rend dans le bureau du coach, Doug Collins. Il en ressort avec le poste de meneur de jeu, à la place de Sam Vincent. Pour son premier match à ce poste face à Seattle, les Bulls dégomment les Sonics derrière 18 points, 15 passes et 8 rebonds de Jordan. Deux jours plus tard, c’est 21 points, 14 passes et 14 rebonds qui s’abattent sur les Nuggets, pour une victoire de 32 points de Chicago.

Sans avoir de temps d’adaptation, Sa Majesté est inarrêtable au poste 1. Avant la fin de la saison, le GOAT se permet même de signer une série de 10 triples-doubles en 11 matchs. Gardez bien en tête qu’à cette période, les triple-doubles sont très rares (environ une vingtaine par an dans toute la ligue, sur près de 2500 matchs) et les défenses bien plus resserrées. Les moyennes de Jordan durant cette série de 11 matchs ? 33.6 points, 11.4 passes, 10.8 rebonds. Avec une bise pour ses détracteurs qui affirment qu’il n’était pas un bon passeur.

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La fin de saison venue, les Bulls sont qualifiés en playoffs, et MJ se montre satisfait face à la presse :

C’est un challenge, et c’est ce qui m’anime. J’étais gêné depuis un moment par le fait que les Bulls étaient une équipe unidimensionnelle, seulement l’équipe de Michael Jordan [sic]. Ce que j’ai souhaité toute l’année est arrivé : les gars sont impliqués, ils croient en eux, et c’est ce dont on avait besoin.

Survitaminée, Chicago enchaîne en playoffs, disposant de Cleveland au bout du suspense grâce au mythique « The Shot » de Jojo au buzzer. Les Bulls tapent ensuite les Knicks pour accéder en finales de conférence, où ils tomberont face à Détroit, futur champion cette année-là.

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L’épisode a marqué un tournant pour Jordan et ses coéquipiers, mais le mythique numéro 23 ne veut pour autant pas faire passer la gloire personnelle avant le groupe. Bien sûr, MJ aurait pu continuer à jouer meneur et à empiler les triples-doubles. Il aurait pu, probablement, rejoindre Oscar Robertson dans l’histoire comme le seul joueur ayant tourné à un triple-double de moyenne sur une saison entière près de 30 ans avant Russell Westbrook. Il aurait pu prendre le jeu à son compte sur la plupart des possessions et distribuer les caviars à outrance comme un LeBron James version Cleveland.

Mais ce que intéresse His Airness, c’est la gagne. Cet été-là, les Bulls sélectionnent BJ Armstrong à la Draft, un move loin d’être anodin. Jordan a de l’estime pour le meneur, qu’il laissera gaiement occuper la mène tandis que MJ reviendra au poste 2. Moins de deux ans après, Chicago gagnera le premier titre de son histoire, le premier d’une longue série dans les années 1990.

Trop méconnu, cet épisode est en tout cas une superbe illustration du talent et de l’incroyable mentalité de Michael Jordan. Le mot GOAT lui va si bien.

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