NBA – Quand KAJ incendiait Wilt Chamberlain aux yeux du monde entier

Wilt Chamberlain et Kareem Abdul-Jabbar lettre ouverte nba
(DR)

La relation entre Wilt Chamberlain et Kareem Abdul-Jabbar, deux des plus grands pivots de l’histoire, n’a jamais été un long fleuve tranquille. En 1990, alors qu’il venait de mettre un terme à sa carrière, KAJ avait rédigé une lettre des plus virulentes en direction de son prédécesseur dans son autobiographie « Giant Steps ». En voici la traduction complète.

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Cela fait plusieurs années désormais, Wilt, que tu critiques ma carrière avec tes amis dans la presse. Puisque ce phénomène n’a pas l’air de vouloir s’estomper de sitôt, j’estime que je devrais, tant qu’à faire, avoir mon mot à dire sur la situation.

On pourrait croire que quelqu’un qui a accompli autant de choses que tu l’as fait serait satisfait de sa carrière. Après tout, certaines des choses que tu as réalisées à ton époque étaient assez admirables et nous ont offert un grand nombre de records pour les livres d’histoire. Alors pourquoi autant de jalousie et d’envie ?

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En essayant de répondre à cela, j’ai commencé à chercher ce qui pourrait te rendre jaloux, et c’est là que les choses se sont éclaircies. Beaucoup se souviennent de ta frustration quand ton équipe n’a pas su remporter le titre NCAA. Ton talent et tes capacités étaient si immenses que tout le monde était certain que la NCAA était toute à toi.

Mais après un match génial à trois prolongations, Kansas a perdu. Tu t’es plaint de l’arbitrage, de tes coéquipiers et d’autres choses, puis tu es parti, quittant l’université en avance pour faire une tournée avec les Globetrotters. On dirait que cela a déclenché une tendance chez toi. Après tous les gros tests auxquels tu as échoué, tu t’es plaint de tout ce qui t’entourait et es parti.

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Dans le basket professionnel, Bill Russell et les Boston Celtics t’ont donné une leçon annuelle grâce à leur compétitivité et leur collectif. Tout ce que tu trouvais à dire, c’était que tes coéquipiers étaient mauvais et que tu avais fait tout ce que tu pouvais, et, de plus, que les arbitres ne t’aidaient jamais. Pauvre Wilt.



En 1967, ton équipe y est enfin arrivée. Cette équipe des 76ers a établi des records qui tiennent toujours aujourd’hui. Mais l’année suivante, les Sixers ont perdu et, aussi prévisible qu’à l’habitude, tu es parti. Tu es venu à L.A. pour rejoindre une dream team. Le seul manque qu’avait cette équipe était le leadership au poste de pivot.

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Bill et les Celts t’ont pris un titre en ’69, et les Knicks ont fait de même en ’70. Les gens cherchent toujours à déterminer quand tu as disparu dans cette série. Fidèle à toi-même, après que les Knicks ont battu les Lakers lors des Finales en 1973, tu es parti et n’a jamais été vu sur les parquets depuis.

Bien sûr, tu es réapparu régulièrement pour m’envoyer des coup bas. Durant le 6ème match des Finales 1988, tu as dit, « Kareem aurait dû prendre sa retraite il y a cinq ans. » Je comprends maintenant pourquoi tu as dit ça. Si j’avais pris ma retraite à l’âge que tu suggérais, ça aurait été juste après une défaite décevante face aux 76ers. Et ça aurait ressemblé à ta manière d’agir.

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Mais après cette défaite, j’ai décidé que j’avais encore des choses à offrir. Je croyais en moi et en les Lakers, et j’ai persévéré. On a remporté 3 des 4 Finales entre ’85 et ’88. Les deux équipes dans lesquelles tu as joué et qui ont été sacrées, en ’67 et en ’72, n’ont jamais su confirmer. Elles n’ont jamais fait preuve de la régularité que les Lakers des années ’80 ont montrée.

Et tu ne voulais pas que je fasse partie de ça. Étant donné ta jalousie, je peux comprendre cela. Donc, maintenant que j’ai pris ma retraite, une chose résumera mon héritage : les gens se rappèleront que j’ai travaillé avec mes coéquipiers et que je nous ai aidés à gagner. On se souviendra de toi comme un bébé capricieux et un déserteur, malgré les stats et tout le reste.

De la démolition dans les règles de l’art, qui résume assez bien les liens qu’ont très longtemps entretenu Wilt Chamberlain et son successeur en tant que figure de la ligue et du poste de pivot, Kareem Abdul-Jabbar.

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